Agefos-PME dévoile ses quatre orientations stratégiques 2018-2020




Profitant de la présentation des résultats de la collecte 2016, stables et conformes aux objectifs fixés par le conseil d’administration, Agefos-PME a présenté à la presse mercredi 5 juillet quatre orientations stratégiques, dans un contexte où « les réformes annoncées posent des interrogations sur l’avenir », selon son président Philippe Rosay.


L’Opca interprofessionnel est certain que ses métiers traditionnels seront maintenus. Il affirme donc son soutien à l’investissement formation et souhaite augmenter la part de la contribution supra-légale à hauteur de 50 % de la collecte d’ici 2018. « Nous souhaitons ainsi être moins dépendants des effets yo-yo des dispositions législatives », a souligné Joël Ruiz, directeur général. D’ores et déjà, l’Opca note que les contributions supra-légales financent aux deux tiers le plan de formation.

Un Opca « assureur »

L’Opca défend une position d’assureur de la formation et son rôle de mutualisation des fonds, quand « la formation est la clé du maintien des salariés en emploi et de la compétitivité des entreprises », selon sa présidente Christine Lodewyckx-Granger. En découle la seconde orientation d’accompagner les mutations économiques et la transformation numérique, un chantier déjà lancé chez Opcalia et qui se déclinera avec Smart PME, dans le cadre de l’appel à projets Mutéco du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP). Avec le soutien de certains Conseils régionaux (dont l’Île-de-France) Agefos-PME dispose de 14 millions d’euros pour accompagner les parcours RH des entreprises impactées par le numérique.

Objectif 50 000 CPF

Prenant acte de la volonté gouvernementale, Agefos-PME entend également « rendre l’individu acteur de son parcours professionnel », en capitalisant sur ses actions en faveur du compte personnel de formation (mise en place de la plateforme d’information Allo CPF). L’Opca enregistre une progression des demandes avec 17 484 dossiers CPF en 2016, presque autant sur les six premiers mois de 2017, et prévoit un doublement des dossiers sur l’année. « Un tiers des demandes de CPF est à l’initiative des salariés, hors temps de travail, relève Joël Ruiz. Plus les gens ont un niveau de qualification élevé, plus ils sont dans cette démarche ». Un point de vigilance pour l’Opca, qui souhaite éviter un CPF à deux vitesses et « faire converger les projets des salariés avec les besoins des entreprises. » L’Opca affiche ainsi une ambition de 50 000 CPF financés dont 20 % de parcours abondés pour développer les formations « plus structurantes ».

Partenaire des politiques publiques

Enfin, l’Opca souhaite « être acteur de l’emploi et partenaire des politiques d’insertion », ce qui passe par le soutien à l’insertion des jeunes avec une ambition de financer 120 000 contrats de professionnalisation en trois ans et 70 000 apprentis. L’Opca, qui collecte la taxe d’apprentissage depuis deux ans, a mis en place des réunions préparatoires dans les régions, pour décider de sa répartition en concertation avec les autres acteurs. Ayant obtenu une période de transition permettant de collecter la taxe d’entreprises ne relevant pas de son champ jusqu’au 31 décembre prochain (décret du 29 août 2014), l’Opca interprofessionnel attend avec impatience la réforme annoncée de l’apprentissage…

Le total de la collecte formation professionnelle s’élève en 2016 à 969 577 000 euros et celle de la taxe d’apprentissage à 372 120 644 euros.