Comment les Coparef s’installent dans le paysage des politiques de formation régionales




Petit à petit, les Coparef trouvent leur place au sein des instances régionales de l’emploi et de la formation. CléA et le plan 500 000 formations d’urgence -en direction des demandeurs d’emploi- ont constitué des accélérateurs.


Pas toujours facile pour les Comités paritaires interprofessionnels régionaux pour l’emploi et la formation (Coparef) de s’installer dans des paysages territoriaux où les conseils régionaux ont la haute main sur le pilotage des politiques de formation et, désormais, de développement économique. Pour faire entendre leur voix, les organisations patronales et syndicales ont besoin de prouver leur valeur ajoutée aux acteurs de terrain. Le séminaire des Coparef du 1er juin 2017 a permis de faire le point sur les initiatives prises en ce sens.

CléA et Euro 2016

Dans le Grand-Est (où les ex-Coparef Lorraine, Alsace et Champagne-Ardenne ont fusionné l’an dernier), c’est CléA – le dispositif de certification au socle des compétences de base développé début 2016 par le Copanef [1]– qui a servi de porte d’entrée au Comité local pour intégrer les dispositifs formation de la Région lorsqu’il a été amené à travailler avec les acteurs du SMV (service militaire volontaire), un programme d’insertion destiné aux jeunes décrocheurs, comprenant un volet de remise à niveau des compétences-clé.

À La Réunion, où l’illettrisme touche environ 27 % de la population, CléA a, là aussi, constitué le sésame du Coparef insulaire créé seulement l’an dernier. En délivrant 6 615 certificats dans le cadre du plan 500 000 formations d’urgence pour les demandeurs d’emploi, il a trouvé sa place au sein de politiques de l’emploi, jusqu’alors pré carré de l’État et de la collectivité territoriale.

En Nouvelle Aquitaine, l’Euro 2016 a été l’occasion pour le Comité régional de participer au montage de CQP temporaires visant à former les agents de sécurité chargés de sécuriser les fanzones [2] durant la compétition. Si les certificats eux-mêmes ont été développés par le Faf-TT (Opca du travail temporaire) et l’Afdas (Opca du monde de la culture), c’est le Coparef qui a lancé l’opération « fleur des possibles » destinée à identifier les compétences acquises durant ces formations et susceptibles d’être transférées à d’autres emplois.

Diagnostic partagé

Dans d’autres régions, les partenaires sociaux ont mis en avant les autres instances paritaires régionales dans lesquels ils siègent (Fongecif, Opacif, Crefop…). « Les présidents et vice-présidents du Coparef sont représentants de plein droit des partenaires sociaux au sein du Crefop » explique Yannick Ghoris, vice-président CFDT du Comité des Hauts-de-France. Un moyen pour le Coparef de disposer d’un pied au sein de l’instance quadripartite régionale où se discutent les politiques d’emploi, de formation et d’orientation.

Ailleurs (Ile-de-France, Bretagne…), c’est le programme Mut Éco, initié et financé par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) qui a servi de clé aux Coparef pour intégrer les politiques régionales.

Mais c’est surtout le plan 500 000 qui a permis de trouver le modus vivendi avec les Régions. « Nos actions étaient peu connues des partenaires sociaux : on ne communiquait pas assez » se souvient Georgette Bréard, vice-présidente de Bretagne. Au vu de la situation d’urgence et du timing resserré du plan, nécessité a fait loi : « il a fallu rapidement établir un diagnostic partagé sur l’emploi et les compétences et prendre conscience que des échanges réguliers étaient impératifs ». Une première pierre aux fondations d’un nouveau dialogue social territorial ?


Centre Inffo, Benjamin d’Alguerre

Notes

[1Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation

[2zones où se retrouvent des supporteur ou des fans venant assister à un évènement