L’expérimentation Formation en situation de travail (Fest) se déploie dans 5 entreprises d’insertion




L’expérimentation Fest (Formation en situation de travail) a démarré le 7 décembre 2016 dans cinq entreprises d’insertion. Cette expérimentation, pilotée par la DGEFP, le Copanef et le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), vise à faire reconnaître la formation sur poste de travail comme une réelle modalité d’acquisition de compétences et, à ce titre, la rendre éligible aux financements de la formation professionnelle. L’enjeu est de développer la formation dans les TPE-PME d’où les salariés sont souvent exclus.


Une approche adaptée aux publics en insertion

Suite à un appel à candidatures en mai 2015, une quinzaine d’Opca a répondu, dont Opcalia, qui porte trois projets Fest. L’un d’eux concerne cinq entreprises d’insertion — D.Multiple (Hauts-de-France), Reval Prest (Grand-Est), Envie 44 (Loire), ID’EES 25 et Juratri en Bourgogne-Franche Comté — adhérentes à Opcalia et proposées par la Fédération des entreprises d’insertion. « Quelle que soit l’activité de production de ces entreprises, — BTP, propreté, espaces verts — il nous semblait intéressant que l’expérimentation s’appuie sur le référentiel CléA, et que nos salariés, après deux ans en entreprise d’insertion, puissent faire valoir ces compétences de base dans la suite de leur parcours », explique Muriel Pibouleau, chargée de la professionnalisation à la Fédération, qui a travaillé sur le cahier des charges avec Opcalia.
L’idée est ensuite de décliner la méthode à d’autres compétences et certifications métiers. « Cette approche "sur poste de travail" est bien adaptée au public en insertion, pour qui le départ en formation suscite toujours une appréhension », ajoute-t-elle.

Tirer parti des situations réelles

La première réunion de travail a eu lieu le 7 décembre 2016. Au programme :

  • identifier les situations de travail appropriées ;
  • définir des objectifs d’apprentissage professionnels ;
  • trouver les méthodes qui faciliteront ces apprentissages ;
  • mesurer l’acquisition des compétences.

C’est l’Afpa qui a été choisie, par appel d’offres, pour outiller les encadrants techniques et leur apprendre à structurer la pratique formative, avec une logique de parcours pédagogique et d’évaluation. Les chargés d’accompagnement social, qui travaillent sur le projet professionnel des personnes en insertion, seront également formés. « L’Afpa va donner des modèles d’outils mais aussi utiliser ceux qui existent dans l’entreprise, car les EI utilisent déjà des référentiels de savoir-être, de savoir-faire et des grilles d’évaluation », précise Muriel Pibouleau.

Les encadrants commenceront par analyser chaque situation de travail :

  • Qu’est-ce qu’on y apprend, quelles sont les étapes de réalisation ?
  • Comment traduire une situation de production en situation de formation ?
  • Comment adapter la compétence autonomie à chaque situation de travail ?

« On peut travailler l’écrit en demandant un compte rendu de mission chez le client, la discussion entre collègues sur l’activité à réaliser, ou le débriefing avec le responsable d’atelier sont aussi des situations d’apprentissage », illustre Muriel Pibouleau, « le but est de tirer parti de situations réelles de la vie de l’entreprise, et non pas de plaquer des exercices scolaires étrangers à l’activité. »

Pour l’instant un seul salarié de chaque EI est concerné par l’expérimentation, qui est donc individualisée. Ce salarié passe l’évaluation CléA en amont, sur une journée, l’encadrant identifie les compétences manquantes — par exemple apprendre à travailler en collectif — et cherche quelles situations de travail lui permettraient d’acquérir ces compétences. Puis le salarié repasse l’évaluation en fin de parcours. « Cela implique aussi que les encadrants techniques s’approprient la logique de l’évaluation CléA, dont les résultats parfois les surprennent », souligne la responsable.

Le projet, financé par Opcalia, et accompagné par l’Afpa, doit se dérouler sur six mois. Ensuite Opcalia capitalisera ces outils et les mettra en commun avec ceux des autres expérimentations réalisées dans le cadre de Fest, pour les mettre à disposition des entreprises. La Fédération des EI entend aussi capitaliser les bonnes pratiques, les freins, et essaimer dans ses entreprises.

L’objectif est que nos entreprises deviennent des organisations apprenantes et que la Fest soit reconnue comme un mode opérationnel de formation, et à ce titre éligible au financement des Opca, conclut Muriel Pibouleau.


Centre Inffo, Mariette Kammerer