Le Cnefop formule 16 recommandations visant à améliorer le CEP et le CPF




Pour la deuxième fois depuis la création du Cnefop, ses membres devaient se réunir pour examiner leur rapport annuel qui sera présenté à Muriel Pénicaud, la nouvelle ministre du Travail, mardi 27 juin. Dans son texte final, le Conseil rappelle le lien profond qui unit ces deux nouveaux droits – le CEP [1] et le CPF [2] – pour ce qui était l’un des objectifs principaux de la réforme du 5 mars 2014 : l’autonomie des individus face à leurs transitions professionnelles. Et procède à 16 recommandations pour améliorer ces dispositifs.


Bilan positif pour le compte personnel de formation, qui « a trouvé son public », indique le rapport annuel du Cnefop. Pour preuve : 497 501 dossiers ont été validés en 2016. Essentiellement pour des demandeurs d’emploi (321 595, le double de 2015) même s’il fait aussi son chemin chez les salariés (175 906, quatre fois plus que l’année précédente). Pour la majorité, ce sont les plus bas niveaux de qualification qui en ont bénéficié.

Extension du périmètre

Au total, quelque 216 millions d’heures ont été financées dont 12,3 pour le CPF stricto sensu. Le budget consacré au CPF en 2016 était de 1,78 milliard. Une somme amenée à être revue à la hausse dans les temps à venir puisqu’au cours de l’année écoulée, le CPF a été ouvert à de nouveaux publics (fonctionnaires, indépendants...) et a vu son périmètre évoluer (pour financer le permis de conduire ou un bilan de compétences).

« Raccrocher » le CPF au CEP

Le Cnefop recommande un pilotage renforcé du CPF, non seulement en restructurant l’information sur la certification et l’offre de formation associée par catégorie de certificateurs, mais aussi en « raccrochant » le CPF au CEP via une campagne d’information des opérateurs de ce dernier ou en mettant en chantier un cadre national de référence de l’ingénierie du CPF ainsi qu’une méthode de facilitation des abondements régionaux.

Des suggestions qui se couplent avec des recommandations techniques pour démocratiser son usage : ouverture automatique du compte sur le site dédié, simulation financière des abondements via le portail du CPA, finalisation d’une cartographie des formations réglementaires.

Grand public

Concernant le conseil en évolution professionnelle proprement dit, le Cnefop pointe un dispositif « encore méconnu du grand public » dans son rapport 2017. Certes, ce nouveau droit a connu une indéniable montée en charge l’an passé (1,54 million d’usagers en ont bénéficié en 2016, soit le double de l’année précédente), mais pour l’heure, c’est un dispositif qui bénéficie surtout aux demandeurs d’emploi plutôt qu’aux salariés.

Et ce en raison, selon le rapport, d’une communication insuffisante auprès du grand public, de la faiblesse des effectifs que les réseaux en charge de dispenser ce conseil y consacrent (731 ETP [3] seulement pour l’Apec et les Fongecif). D’autre part, si les conseillers sont davantage professionnalisés que l’an passé, ils restent encore insuffisamment formés concernant leur compétence à monter une ingénierie de parcours complète à destination des usagers.

Un ensemblier des politiques publiques de l’emploi, de l’orientation et de la formation

Comment améliorer le CEP ? Le Cnefop suggère donner un coup d’accélérateur à la communication autour du dispositif afin de faire prendre conscience au public qu’il s’agit d’un levier de sécurisation des parcours. Parmi les pistes avancées, le Conseil propose de coupler davantage le CEP à l’entretien professionnel des salariés, mais aussi d’inventer une meilleure articulation de ce dispositif avec le bilan de compétences.

Autres recommandations : intégrer le CEP au sein du site du compte personnel d’activité (CPA) pour améliorer sa présence digitale, l’inscrire davantage dans l’écosystème formation-travail-économie-entreprise et l’ancrer plus en avant dans le service public régional de l’orientation afin d’en faire « l’ensemblier des dispositifs des politiques publiques de l’emploi, de l’orientation et de la formation » sur les territoires.

Reste, enfin, la nécessité de disposer de davantage d’indicateurs pour jauger de l’efficacité du CEP. Le Cnefop propose ainsi la réalisation annuelle d’un bilan RH du dispositif, d’un référentiel de compétences CEP ainsi que d’un référentiel qualité du service CEP avec l’ensemble des opérateurs concernés.


Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo



Notes

[1Conseil en évolution professionnelle.

[2Compte personnel de formation.

[3équivalent temps plein