Le Conseil national d’évaluations de la formation entend évaluer l’impact du CEP sur la sécurisation des parcours




Le Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle (CNEFP), l’un des groupes techniques paritaires du Copanef [1], vient de publier son rapport d’activité 2016. Tout en poursuivant l’exploitation de l’enquête Defis [2], centrée sur les trajectoires des salariés, le CNEFP a ainsi mené à bien les deux études programmées en 2015 (ingénierie de formation pour les salariés les moins qualifiés, impact des formations obligatoires), et lancé deux nouvelles évaluations (impact de l’accord national interprofessionnel (ANI) du 14 décembre 2013 sur les négociations de branches professionnelles et l’impact du CEP Conseil en évolution professionnelle sur la sécurisation des parcours).

Inégalités d’accès

L’enquête Defis permet d’alimenter le débat entre deux théories concurrentes du rapport des salariés à la formation : les inégalités d’usage de la formation sont-elles le produit d’une inégale appétence pour la formation ou d’une inégale connaissance des droits ouverts par le système de formation professionnelle ? Concernant la première vague de salariés de 2015 interrogés, soit 15 026 réponses, l’enquête confirme la persistance de fortes inégalités d’accès selon la catégorie sociale ou la taille de l’entreprise. Elle montre également que l’information sur la formation emprunte des canaux différents selon la taille de l’entreprise, avec un rôle plus actif de la hiérarchie dans les grandes. Elle indique aussi que la pratique de l’entretien individuel facilite partout l’accès à la formation, mais qu’elle est moins courante dans les petites unités.

Politique de branche

Dans la dynamique de 2016, le CNEFP a lancé au deuxième trimestre 2017 une évaluation sur les manières de construire une politique de branche, au regard de l’Ani du 14 décembre 2013 qui introduit au niveau de la branche professionnelle ce qui a pu être qualifié de « droit à l’innovation » (politique d’accompagnement des entreprises et des salariés ; contribution à la construction des politiques de développement professionnel des salariés et d’accès à l’emploi pour les demandeurs d’emploi). « Cette évaluation ira notamment observer finement les processus de négociation et la professionnalisation des acteurs qui les animent », souligne le CNEFP dans son rapport.

Impact du CEP

Le Conseil entend également traiter les conséquences sur les parcours professionnels d’un passage par le conseil en évolution professionnelle. L’évaluation cherchera à déterminer dans quelle mesure le CEP, tel qu’il est mis en œuvre, parvient « à sécuriser les parcours professionnels des personnes (quel que soit leur statut), à atteindre et mobiliser les actifs les moins susceptibles a priori d’accéder au CEP, à prendre en considération la diversité des attentes et des interrogations des personnes quant à leur situation professionnelle, au-delà des seuls projets de formation ou de mobilité ».


Centre Inffo, Philippe Grandin

Notes

[1Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation professionnelle.

[2Dispositif d’enquêtes sur les formations et les itinéraires de salariés.