Le Copanef recommande un cadrage national pour le bilan de compétences




Préciser la finalité du bilan de compétences pour en faire un outil de projection professionnelle plutôt qu’un simple bilan, c’est l’ambition affichée par le rapport que le bureau du Copanef [1] a approuvé le 4 juillet. Les partenaires sociaux recommandent la mise en chantier d’un cahier des charges national pour donner au dispositif un cadrage homogène.


C’est l’aboutissement d’un travail de deux ans. Le Copanef vient de rendre son rapport consacré aux évolutions du bilan de compétences. Un premier rapport introductif avait déjà fait l’objet d’une publication en avril 2015. Il avait été suivi d’un texte d’étape en septembre 2016. Dans leur publication définitive, les partenaires sociaux ont repris un certain nombre de conclusions déjà exprimées par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) à l’issue d’un précédent travail sur le bilan de compétences modularisé.

L’ambiguïté du bilan de compétences

À l’origine de ce rapport, un constat : « Le bilan de compétences est un dispositif créé il y a trente ans, et aujourd’hui, il souffre d’une ambiguïté. Il est trop souvent perçu comme un outil à finalité de changement de carrière alors qu’il s’agit d’un dispositif de projection professionnelle qui doit permettre à ses bénéficiaires de faire leurs propres choix. Y compris, au besoin, le choix de rester dans leur entreprise en conservant le même métier », explique Djamal Teskouk, membre du Copanef et pilote du groupe de travail à l’origine du rapport.

Pour une prestation homogène

À quoi s’ajoute un deuxième constat : celui d’une prestation devenue, au fil du temps, inégalitaire. « Nous avons constaté une hétérogénéité du service en fonction du lieu et des individus », poursuit Djamal Teskouk, « or, le service offert doit être le plus homogène pour tous, mais la prestation doit être personnalisée. Il y a nécessité à établir un cadrage du bilan de compétences. »

Ce cadrage, le Copanef suggère de l’établir en élaborant une nouvelle architecture du bilan, construite en trois étapes. Une première phase « préliminaire » permettrait de fixer un programme prévisionnel entre le bénéficiaire et le prestataire. Elle serait suivie d’une deuxième phase «  d’investigation » destinée à aider ce dernier à établir différents scenarii de projection professionnelle. Enfin, une étape «  conclusive » permettrait d’entrer dans le dur de la construction d’un éventuel projet professionnel.

Cahier des charges national

À cette fin, le Copanef recommande la mise en place d’un nouveau groupe de travail chargé d’établir un cahier des charges national du bilan de compétences. Il établirait ces trois phases de la prestation, mais comprendrait aussi un référentiel destiné aux Opacif leur permettant de s’assurer que les prestataires de bilan de compétences référencés répondent aux critères du décret qualité.

Dans cette phase de travail, les partenaires sociaux devraient se voir accompagnés par des techniciens issus des Opacif et des Fongecif et travailler en partenariat avec les réseaux des opérateurs du conseil en évolution professionnelle. « Il ne s’agit pas de ne rester qu’entre partenaires sociaux », précise Djamal Teskouk, « l’objectif, c’est d’aboutir à un document final qui serait agréé par une majorité d’acteurs du bilan de compétences, tout en respectant les particularités de chacun. »

Coordonner le bilan de compétences et le CEP

L’autre chantier prévu à l’agenda, c’est l’articulation entre le bilan de compétences et le conseil en évolution professionnelle. À l’heure actuelle, il s’agit de deux prestations distinctes puisque la loi du 5 mars 2014 n’a pas retenu la candidature des centres de bilan de compétences (CIBC) pour intégrer les opérateurs du CEP. « Toutefois, les deux prestations ont vocation à se coordonner entre elles », indique Djamal Teskouk.

Les partenaires sociaux ont retenu la possibilité de permettre la prise en charge de la phase préliminaire du bilan de compétences par le biais du CEP. « À l’issue de cette première étape, le travail effectué n’est pas prescriptif, il ne s’agit que d’une proposition. Le bénéficiaire sera parfaitement libre de s’engager plus en avant ou pas », explique le membre du Copanef. Néanmoins, cette articulation entre les deux dispositifs exigera une nouvelle architecture financière pour permettre d’établir des passerelles entre l’un et l’autre. Y réfléchir sera la mission d’un second groupe de travail que le Copanef recommande de créer.


Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo



Notes

[1Comité paritaire national interprofessionnel pour l’emploi et la formation.