Les partenaires sociaux veulent rénover les certifications professionnelles




Le comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation (Copanef) lance une charte d’élaboration et des certificats de compétences professionnels interbranches (CCPI). Objectif : fluidifier la création de certifications professionnelles.


Le 20 octobre, les partenaires sociaux, réunis dans le comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation, ont organisé une journée d’échange sur la certification professionnelle : diplôme, titres... L’objectif était de partager avec les branches, les Coparef [1] , les ministères certificateurs... pour donner une nouvelle dynamique à la construction des certifications professionnelles. Objectif : qu’elles soient des repères de compétences plus simples et plus efficaces pour les entreprises comme pour les salariés. Trois initiatives ont été prises.

Charte nationale partagée

Le Copanef propose que sa charte nationale de la certification professionnelle, adoptée le 24 mai 2016, mais très peu médiatisée jusqu’alors, soit partagée par tous les organismes constructeurs de certification. Ses finalités sont de clarifier les notions (définition, référentiels, blocs de compétences, VAE…), de partager des principes et méthodes communs entre certificateurs, et de démontrer l’engagement des partenaires sociaux dans le système de certification professionnelle.

CCPI

Seconde initiative des partenaires sociaux : le lancement des certificats de compétences professionnelles interbranches (CCPI). « Les CCPI visent à répondre au besoin d’élaboration de certifications transverses », explique Xavier Royer, co-animateur du comité observatoires et certifications du Copanef.
Concrètement : le principe est la création par le Copanef de certifications professionnelles éligibles à la catégorie C de l’Inventaire [2], et de leur mise à disposition gratuitement auprès du marché de la formation professionnelle. Chaque organisme de formation désireux de décerner cette certification CCPI à ses formés signera un engagement avec le Copanef. «  La logique est de faire confiance a priori, et de contrôler ensuite », confie Xavier Royer, qui met en avant l’ambition d’inversion des logiques.

Les CCPI permettraient d’éviter que tous les organismes de formation privés ne déposent leur certification propre à l’Inventaire. Ce qui encombre la CNCP [3] et rend illisible le panorama de ce type de certifications. Cinq CCPI sont déjà enregistrés à l’Inventaire : évaluation de compétences ; tutorat en entreprise ; management de proximité ; création d’une formation interne et animation d’une formation interne.

Multiples co-constructeurs

Enfin, troisième initiative : le lancement d’un certificat commun État - Copanef relatif aux « usages des fondamentaux du numérique dans un environnement professionnel ». Ce projet est en phase de conclusion, il vise à offrir une certification émanant de multiples co-constructeurs (Afpa, branches, DGEFP, Copanef/ COC…), ce qui serait une première. Aujourd’hui, juridiquement, le dépôt ne peut être fait que par un seul concepteur.

Il apparaît clairement que le succès -à transformer définitivement- de cette collaboration intercertificateurs sera un ferment crucial dans une plus large réforme du système français de certification.


Centre Inffo, Laurent Gérard


En savoir plus

Communiqué de presse :

Notes

[1comités paritaires interprofessionnels régionaux pour l’emploi et la formation

[2L’Inventaire a été créé par la loi de 2009. Le texte législatif dispose que « les certifications et habilitations correspondant à des compétences transversales exercées en situation professionnelle peuvent être recensées dans un inventaire spécifique établi par la Commission nationale de la certification professionnelle. »

[3Commission nationale de la certification professionnelle