Pro-Saison : l’hôtellerie-restauration veut former ses saisonniers hors-saison




Le Fafih (Opca de l’hôtellerie-restauration) vient de lancer Pro-Saison, un dispositif de sécurisation des parcours professionnels des personnels saisonniers en mobilisant le Cif-CDD. L’objectif ? « Transformer les jobs d’été ou d’hiver en métiers. »


Ils sont presque 1000, au sein de 7 régions-test (Auvergne-Rhône-Alpes ; Bretagne, Ile-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Paca) et, depuis mai 2017, ils sont engagés dans le dispositif Pro Saison, initié par le Fafih avec le concours du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), des Fongecif, des Coparef, des directions régionales de Pôle emploi et des Missions locales.

« Ils », ce sont des travailleurs saisonniers (cuisiniers, sommeliers, hôtes et hôtesses d’accueil…) à la recherche de qualifications leur permettant d’exercer leur emploi à l’année ou de valider les compétences nécessaires à l’accès à d’autres emplois intermittents hors-saison. « L’objectif, c’est de transformer ces jobs d’été ou d’hiver en métiers », explique Jean-Nicolas Dez, directeur de l’apprentissage et des partenariats au sein de l’Opca de l’hôtellerie-restauration.

L’ambition portée par la branche a nécessité un premier travail de fond : une ré-ingénierie complète des certificats de qualification professionnelle (CQP) de l’hôtellerie-restauration afin de les rendre modulables, accessibles bloc de compétences par bloc de compétences et surtout, transférables. Ce travail est désormais achevé.

Le Cif-CDD assoupli...

Mais surtout, c’est l’extension du périmètre du Cif-CDD qui permet de rendre Pro-Saison possible. Dans sa version ordinaire, ce dispositif peu connu permet à des salariés pouvant justifier de 24 mois d’activité salariée au cours des cinq dernières années (dont un CDD de quatre mois minimum au cours des douze derniers mois) d’accéder au congé individuel de formation. « Ces conditions rendaient presque impossible l’usage du Cif-CDD dans la branche », résume Jean-Nicolas Dez.

Les négociations de la branche ont permis d’assouplir les conditions d’entrée dans le dispositif puisque désormais, pour les saisonniers, elles n’exigent plus que 610 heures (122 jours) d’activité salariée au cours des 28 derniers mois, rendant possible l’accès au Cif-CDD à ces salariés intermittents. « Cette articulation du Cif-CDD en inter-saisons est nouveau pour nous », témoigne Didier Chastrusse, vice-président CFE-CGC de l’Opca.

... mais encore méconnu par les entreprises et les salariés

Encore faut-il faire connaître ce dispositif. « Le Cif-CDD reste encore méconnu », témoigne Laurence Sourdille, responsable des relations partenariales au sein du Fongecif Ile-de-France. D’où les partenariats montés entre l’Opca (chargé d’évangéliser les entreprises du secteur et de leur fournir un accompagnement RH adapté), Pôle emploi et les Missions locales qui, pour leur part, informent les travailleurs saisonniers de l’existence de ce droit. Quant aux salariés intéressés par le dispositif, ils seront amenés à y entrer par la biais d’opérations de préparation opérationnelle à l’emploi (POE) montées par le Fafih.

Cette première expérience est prévue pour durer jusqu’en mars 2018. Les 2 millions d’euros nécessaires à sa mise en œuvre ont été débloqués par le FPSPP sur les derniers reliquats des fonds dédiés au plan « 500 000 formations pour les demandeurs d’emploi ».


Centre Inffo, Benjamin d’Alguerre