Séminaire des Coparef : « Le paritarisme sera beaucoup plus interrogé que par le passé » (présidence du Copanef)




Pour la seconde fois depuis leur création en 2015, les comités paritaires interprofessionnels régionaux pour l’emploi et la formation (Coparef) s’étaient donné rendez-vous à Paris jeudi 1er juin pour leur séminaire annuel, placé sous l’égide de leur instance de pilotage national, le Copanef [1]. Au programme : des ateliers pour faire le point sur leurs actions de l’année passée, partager les expériences et étudier les améliorations à envisager sur leur fonctionnement.


L’année passée a été chargée pour les Comités régionaux qui ont géré les conséquences de la réforme territoriale. Plusieurs d’entre eux ont dû fusionner alors qu’ils n’avaient pas soufflé leur deuxième bougie (Grand Est, Normandie, Hauts-de-France...). D’autres n’ont vu le jour que sur le tard : c’est le cas de la Réunion où les partenaires sociaux ont dû jouer des coudes pour se faire une place là où ne s’exprimaient jusqu’alors que l’État et la Collectivité territoriale. D’autres encore, ont profité de la nouvelle donne territoriale pour développer de nouvelles synergies avec d’autres acteurs locaux (nouveaux Crefop [2], nouveaux Fongecif...)

Défi

Les partenaires sociaux veulent peser dans les instances où se pilotent les politiques d’emploi et de formation. Un défi d’autant plus difficile à relever que les 3 organisations patronales et les 5 organisations syndicales représentatives sont loin d’être toutes sur la même longueur d’onde sur de nombreux dossiers.

Pourtant, sur ce point, elles savent faire front. « Il ne faut pas se leurrer : la place des partenaires sociaux ne sera jamais acquise. C’est une bataille permanente que nous ne gagnerons que grâce à notre capacité à nous imposer dans les stratégies des acteurs et à agir » résume Philippe Debruyne, le vice-président (CFDT) du Copanef. « Nous sommes indispensables par notre capacité à faire le lien avec ce qui se passe dans les entreprises, mais aussi par notre capacité à innover » ajoute-t-il. Exemple marquant ; le certificat d’aptitude à la maîtrise du socle de connaissances de base CléA qui célèbre son 7 439 ème certifié moins de deux ans après son lancement.

Valeur ajoutée

Les partenaires sociaux sont conscients des menaces qui pèsent sur le paritarisme de gestion, notamment dans la formation. Ils savent qu’ils vont devoir prouver leur utilité et leur valeur ajoutée pour continuer à y exister, comme certains Opca sont en train de le faire. « Le paritarisme sera beaucoup plus interrogé que par le passé » déclare Philippe Debruyne. Lequel insiste sur l’importance pour les comités paritaires de disposer bientôt d’indicateurs pour mesurer la portée de leurs actions. « Sur le plan 500 000, nous avons a été pertinents et entendus » se félicite-t-il.

Mais pas question pour les Coparef de se reposer sur leurs lauriers : « la pratique du paritarisme ne doit pas être figée » explique Christian Lajoux, le président (Medef) du Copanef. « Nous sommes dans un monde qui évolue et la capacité des partenaires sociaux à se mettre autour d’une table, en dépit de nos divergences, pour parvenir à atteindre des objectifs communs, fait aussi notre force ». Et de préciser : « nous serons interrogés… mais pas contestés ».


Centre Inffo, Benjamin d’Alguerre

Notes

[1Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation

[2Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle.