Le Copanef adopte ses recommandations pour développer la validation des acquis de l’expérience




C’est à l’unanimité que le Copanef du 2 février 2016 a adopté six recommandations pour développer la Validation des acquis de l’expérience (VAE). Christian Janin, président du Copanef, le précise, c’est « le rapport du Comité observatoires et certifications sur la VAE qui a servi de base à la rédaction des recommandations adoptées. »


Trois recommandations à intégrer dans le projet de loi El Khomri

En raison des évolutions législatives qu’elles requièrent, le Copanef indique son souhait de voir ses trois premières recommandations intégrées dans le projet de loi que la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social devrait finaliser d’ici mars 2016. Il s’agit, premièrement, d’ « autoriser les certificateurs publics et paritaires à définir les principes et les modalités de mise en œuvre de la VAE pour leurs propres certifications  » ; deuxièmement, de « mettre en place par accord de branche un accompagnement VAE renforcé et personnalisé au bénéfice de certains publics », notamment les moins qualifiés et ceux désignés comme prioritaires (jeunes, actifs sur les métiers en déclin, en reconversion, etc.) ; troisièmement, de « faire évoluer la notion de "rapport direct avec le contenu de la certification", vérifié lors de l’étape de recevabilité, et ce quel que soit le type de certification concernée ».

Deux recommandations à « droit constant »

Comme en résonance avec la volonté de Philippe Dole, directeur du FPSPP [2], d’ « aller vers des systèmes plus souples, avec des validations partielles », la quatrième recommandation du Copanef invite à « développer des passerelles entre les certifications, y compris entre les certifications relevant de différents certificateurs ». Il s’agirait, à moyen terme, d’ « établir un langage commun débouchant sur une nomenclature partagée des blocs de compétences pour favoriser une plus grande lisibilité des certifications » ; à court terme, de «  développer au cas par cas, par accord entre les certificateurs, des reconnaissances entre tout ou partie de certifications relevant éventuellement de certificateurs distincts ».

Avec sa cinquième recommandation, le Copanef entend redynamiser la VAE en s’efforçant d’ « articuler les services rendus dans le cadre des démarches Accueil, Information, Orientation (AIO) et CEP, d’une part, et la perspective d’engagement dans la VAE, d’autre part ». Sur ce dernier point, le Copanef invite à « généraliser le renseignement du passeport d’orientation, de formation et de compétences […] lors de démarches AIO et CEP, afin de favoriser un engagement ultérieur de la personne qui le souhaite dans la VAE ». Si l’on peut estimer que les passerelles entre information/conseil et VAE s’en trouveront effectivement renforcées, reste à voir si, dans un pays qui accorde d’autant plus d’importance à la reconnaissance administrative des compétences qu’elles sont détenues par les plus précaires, la généralisation d’un « passeport » ne risque pas d’ériger un obstacle supplémentaire à la liberté des trajectoires individuelles et à la fluidité du marché du travail.

Une « recommandation complémentaire »

Enfin, dans sa sixième et dernière recommandation, le Copanef « souhaite obtenir que l’évaluation des acquis (que les partenaires sociaux entendent intégrer dans les parcours de certification – cf. CléA) soit reconnue comme assimilable à des actions de formation » (et donc, éligible).


En savoir plus

Recommandations pour développer la VAE – Copanef, février 2016 : format PDF – 463 ko


Nicolas Deguerry, Centre Inffo