Apprentissage : « Les entreprises doivent piloter réellement le système » (Pierre Gattaz, Medef)




Dans le futur paysage de l’apprentissage, « il faut un leader, un pilote dans l’avion, et pas plusieurs », a déclaré Pierre Gattaz, lors de sa conférence de presse mensuelle, mardi 16 janvier. Et pour le président du Medef, ce sont les entreprises qui doivent être aux manettes : « Le pilotage le plus efficace qui puisse se faire c’est le pilotage par les entreprises et par les branches. »


Si le système de l’apprentissage fonctionne en Suisse, c’est parce que les entreprises sont au cœur du dispositif, estime Pierre Gattaz qui s’est rendu dans ce pays récemment. « Cette visite m’a conforté dans cette ambition : les entreprises doivent piloter réellement le système  », a-t-il indiqué, tout en précisant qu’il n’excluait pas une implication des Régions dans le dispositif.

Débat sur le pilotage

Revenant sur la « polémique entretenue par les Régions », Pierre Gattaz a estimé que parler de « privatisation de l’apprentissage » était « absurde ». Les Régions ont rappelé, à plusieurs reprises, leur opposition au transfert vers les branches de l’apprentissage. Elles revendiquent le maintien d’un « pilotage public », un point qui serait acté par le gouvernement selon Hervé Morin, le président de Régions de France qui s’est entretenu avec le Premier ministre, le 15 janvier.

Faire de l’apprentissage une « voie d’excellence » comme le souhaite le Medef à l’instar de nombreux acteurs, tient aussi, selon Pierre Gattaz, à l’existence de passerelles « horizontales pour pouvoir changer de métier, et verticales, au sein d’une filière, pour pouvoir continuer vers des certifications supérieures », et ce afin que les jeunes en apprentissage ne soient pas bloqués dans leurs études. Ce sujet est, selon Pierre Gattaz, du ressort du gouvernement : « J’espère que le projet de loi en préparation traitera aussi de ce point. »

Responsabilité des entreprises

Autres facteurs-clés pour développer l’apprentissage selon le président de l’organisation patronale : la simplification et la lisibilité du système ou encore la mise en avant de personnes issues de l’apprentissage pour valoriser la filière. Dans cette logique, le Medef met en place plusieurs initiatives : la création d’une plate-forme de mise en relation entre les jeunes, les entreprises et CFA qui sera lancée prochainement ou encore l’organisation d’actions de sensibilisation à destination des jeunes et des familles lors du Tour de France cycliste 2018.

« Nous réfléchissons à d’autres actions pour mobiliser les chefs d’entreprise », a indiqué Pierre Gattaz. Les entreprises ont aussi une responsabilité dans le développement de l’apprentissage en termes de recrutement et d’encadrement des jeunes, d’où la nécessité de faire évoluer les mentalités. « L’apprentissage ce n’est pas un coût, c’est un investissement stratégique pour l’avenir. Nous avons encore beaucoup à faire pour mobiliser nos chefs d’entreprise », reconnaît Pierre Gattaz.


Centre Inffo, Estelle Durand