Dans les Bouches-du-Rhône, le Faf-TT accompagne la sortie de la prostitution




« Pour un nouveau départ » est un programme piloté par le Fonds d’action formation du travail temporaire (Faf-TT) des Bouches-du-Rhône pour faciliter l’accès à l’emploi des personnes souhaitant sortir de la prostitution. Il prévoit un accompagnement global associant formation, suivi social et mise à l’emploi via des missions d’intérim. L’Opca, déjà impliqué dans une démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises) [1]) a répondu à la sollicitation de la déléguée régionale aux droits des femmes [2] pour intervenir auprès de ce nouveau public.


Coaching et job-dating

La première expérimentation lancée en mars 2017 a concerné neuf personnes adressées et accompagnées par l’Amicale du nid (ADN). Après présentation de la démarche et du travail temporaire, les participants ont bénéficié d’une journée de coaching pour les préparer à rencontrer des employeurs. L’Opca a organisé un job-dating avec des agences de travail temporaire [3] ayant accepté de jouer le jeu et de participer à la démarche. « Elles nous ont fait confiance mais avaient de grosses réticences au départ, considérant ce public comme moins fiable et habitué à gagner beaucoup plus d’argent  », rapporte Audrey Eskenazi, chargée de mission au Faf-TT. Deux candidats ont été recrutés directement et les sept autres ont suivi une formation.

Formations et action sociale

Compte tenu des besoins en recrutement de ses adhérents, qui pour ces profils de candidats concernaient surtout la grande distribution, l’Opca a monté deux formations ad-hoc, accueillant toutefois une mixité de publics : employé libre-service et hôtesse de caisse, et employé polyvalent en surface de vente. « Les formations conçues sur mesure avec l’organisme Muse ont duré deux mois et demi à temps plein, rémunérées au Smic. Elles comprenaient une remise à niveau sur les compétences de base, ainsi qu’un atelier théâtre, la création d’un potager, etc., explique Audrey Eskenazi, la plupart des bénéficiaires étant anglophones, du Nigeria, un prérequis A1 en Français langue étrangère était demandé.  » En parallèle, les participants ont été informés de l’offre de services du Fonds d’action sociale du travail temporaire (Fas-TT) — aides au logement, à la mobilité, et à la garde d’enfants — et ont eu accès au conseiller en évolution professionnelle du Faf-TT, que deux personnes ont souhaité rencontrer.

Bilan ? Malgré deux décrochages en cours de formation, six personnes sur neuf ont accédé à l’emploi en intérim. Deux autres sont en attente d’une mission après un deuxième job-dating organisé en avril 2018. « Et les retours des agences sont très positifs, souligne la chargée de mission, elles sont très satisfaites du travail de ces personnes et les trouvent même plus fiables que la moyenne de leurs intérimaires.  » L’Opca a lancé en mars 2018 une deuxième session avec sept personnes adressées par l’ADN, Autres regards et SOS femmes. «  Ce type d’initiative fait partie de nos missions : faire travailler ensemble les acteurs d’un territoire, inventer une nouvelle ingénierie et de nouveaux partenariats pour répondre aux besoins en compétences de nos adhérents  », conclut Audrey Eskenazi.


Mariette Kammerer, Centre Inffo

Notes

[1Le Faf-TT, labellisé RSE depuis peu, développait déjà des actions en faveur des réfugiés et des jeunes en grande précarité (Garantie jeunes et Écoles de la deuxième chance).

[2Suite à la loi d’avril 2017 qui renforce la protection et l’insertion des personnes en situation de prostitution.

[3En tout huit agences ont participé : A2I, Actual industrie, Adecco, Axxis, Domino, Eureka, Id’ées Intérim, et Randstad