Dans les Pays de la Loire, le dispositif de mobilité professionnelle Transcompétence s’étend à de nouveaux territoires




Réunir des entreprises de toutes tailles d’un bassin d’emploi, pour créer des opportunités sécurisées de mobilité professionnelle pour leurs salariés : c’est l’objectif du réseau Transcompétence [1]. Le dispositif, porté par Opcalia, est une expérimentation dont le succès grandit.


Né début 2015 dans le Maine et Loire dans l’agglomération de Cholet puis étendu en 2016 à Saumur, le réseau Transcompétence gagne de nouveaux territoires des Pays de la Loire : après Nantes en décembre 2017, il sera expérimenté à partir de début juin dans le sud-est de la Vendée. Ce dispositif de gestion prévisionnelle des emplois et compétences territorial (GPEC) porté par Opcalia, qui vise à faciliter les échanges de pratiques et les mobilités interentreprises, ne devrait d’ailleurs pas en rester là. « Le souhait est de le développer au niveau national », indique Catherine Duranthon, chef de projet Transcompétence Opcalia, dans un entretien au Quotidien de la formation.

Un cadre juridique sécurisé

Sur chacun de ses lieux d’implantation, Transcompétence réunit une quinzaine à une trentaine d’entreprises de tous secteurs et tailles : grands groupes tels Leroy Merlin, Mac Donald ou le fabricant d’équipement industriel Grolleau, mais aussi TPE ou PME de menuiserie, métallerie, ou encore de prestation de services. « Ce sont aussi des structures aux statuts différents, comme en Vendée une SCOP, une entreprise adaptée ou une entreprise d’insertion : c’est une diversité qui favorise les échanges de pratiques  », indique Catherine Duranthon. Elles intègrent avec le réseau un cadre juridique bien délimité. « C’est une démarche encadrée et sécurisée  », précise-t-elle, « chaque entreprise signe une charte de bonnes pratiques et ouvre la possibilité à ses salariés de s’inscrire dans trois types d’actions de mobilité : des actions de découverte métiers, via le dispositif de la PMSMP [2], de mise à disposition ou d’échanges de pratiques  ».

Accompagner les reconversions ou éviter le chômage partiel

Les mobilités des salariés, qui peuvent durer jusqu’à une quinzaine de jours, peuvent être l’occasion de tester un projet avant une démarche de reconversion. C’est ainsi qu’avec Transcompétence, une ouvrière du groupe de production animale Hendrix Genetics a pu découvrir le métier de chauffeur de bus scolaire. Le dispositif est aussi l’occasion pour les entreprises connaissant une baisse d’activité de mettre à disposition leurs salariés auprès d’un autre membre du réseau. « Cela permet aux salariés, qui sont volontaires, de ne pas rester inactifs et de découvrir d’autres pratiques professionnelles  », expose Catherine Duranthon. À Cholet, Transcompétence a pu également être mobilisé par l’entreprise Charal pour proposer à ses salariés exposés à une forte pénibilité de préparer une reconversion professionnelle, dans une logique de prévention et de santé au travail.


Raphaelle Pienne, Centre Inffo

Notes

[1Le réseau Transcompétence est lauréat d’un Innov’Trophée 2018, dans la catégorie accompagnement de la personne dans le cadre d’une ingénierie de parcours.

[2Période de mise en situation en milieu professionnel.