Des Opca aux opérateurs de compétences




Jugée essentielle pour garantir l’efficacité de la politique de formation professionnelle, la question de la transformation de la gouvernance a finalement été tranchée par la ministre du Travail dans son projet de réforme.


Les Organismes paritaires collecteurs agréés (Opca) deviendront des opérateurs de compétences. Est-ce la fin des Opca ou l’accélération d’une transformation déjà amorcée vers d’autres missions ? Quels vont être leurs champs d’action ? Autant de questions auxquelles les mesures présentées par Muriel Pénicaud lundi 5 mars répondent en partie.

Une évolution du métier

Les Opca dans leur nouvelle configuration ne feront pas tout à fait le même métier. En effet, ces organismes vont perdre la collecte des cotisations dédiées à la formation qui sera assurée par les Urssaf d’ici 2020 ou 2021 et n’auront plus la main sur les fonds du compte personnel de formation (CPF). Il s’agit pour ces instances paritaires d’un recentrage vers l’accompagnement des TPE PME dans la construction et la mise en œuvre de leur plan de formation et vers le développement de l’alternance. En effet, ces futurs opérateurs de compétences recevront des Urssaf les contributions correspondantes. Selon Muriel Pénicaud, « il est plus important que les partenaires sociaux se mobilisent sur ces sujets plutôt que sur la collecte ». Cette mutation encouragée par la réforme de 2014, et déjà à l’œuvre dans de nombreux Opca, devrait donc s’accélérer. Le gouvernement a également décidé de mettre davantage de moyens pour les plus petites entreprises qui « bénéficieront d’une solidarité financière des grandes entreprises » sous la forme d’une contribution entièrement dédiée à leur plan de formation. Enfin, les opérateurs de compétences pourront appuyer les branches professionnelles dans la co-construction des diplômes.

Une restructuration autour de filières économiques

Autre changement attendu de la réforme, les Opca, devenus opérateurs de compétences, seront moins nombreux. En effet, la ministre du Travail a insisté sur la nécessité de simplifier et de rationaliser la gouvernance, « la multiplicité des acteurs ne doit pas créer de la complexité ». Là aussi, le mouvement a déjà été amorcé au fil des dernières réformes de 2009 et de 2014. Au nombre de 20 aujourd’hui dont 2 interprofessionnels, les Opca devront aller plus loin en respectant une logique de « filières économiques cohérentes ». Les partenaires sociaux devront rapidement s’engager dans cette restructuration. Le gouvernement attend, en effet, une cartographie des ces filières économiques d’ici la fin de l’année 2018. À défaut, Muriel Pénicaud a été claire : « l’État reprendra la main ».


Catherine Trocquemé , Centre Inffo