Forte hausse des embauches en contrat de professionnalisation




Tiré par le secteur de la construction, le contrat de professionnalisation a enregistré une hausse de 5,1 % en 2016, pour atteindre les 193 500 embauches, révèle une étude de la Dares [1]. Une embellie qui bénéficie avant tout aux plus de 26 ans et aux niveaux de qualification supérieurs.


C’est un peu le retour de la célèbre formule du Compagnon Martin Nadaud prononcée en 1850 : « Quand le bâtiment va, tout profite de son activité ». Ainsi la Dares souligne qu’en matière de contrat de professionnalisation, l’année 2016 voit, « après huit années consécutives de baisse », les embauches reprendre dans la construction (+ 16,7 %), mais aussi dans l’industrie (+ 2,2 %) et le tertiaire (+ 5,2 %). Si les entreprises de plus de 250 salariés assument un tiers des embauches, les recrutements ont été les plus dynamiques dans les très petites et moyennes entreprises (+ 15,5 % pour les 0 à 4 salariés, + 8,3 % pour celles de 50 à 250 salariés).

Le niveau s’élève

En 2016, le niveau de diplôme à l’entrée du contrat continue de s’élever, souligne la Dares : 46 % sont titulaires d’un diplôme de niveau bac + 2 ou plus (+ 8,4 %). À noter que près de la moitié des recrutés étaient dans une situation d’éducation ou de formation avant leur embauche en contrat de professionnalisation (33 % scolarisés et 21 % en emploi aidé ou en formation professionnelle).

Des formations reconnues

74 % des nouveaux bénéficiaires préparent un diplôme ou un titre à finalité professionnelle reconnu par l’État et enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Les autres préparent soit un certificat de qualification professionnelle (CQP), soit une autre qualification reconnue par une convention collective nationale. Les CQP sont principalement préparés dans des entreprises des branches du commerce alimentaire (28 %), de la métallurgie et sidérurgie (14 %) et de l’hôtellerie, restauration et tourisme (13 %).

Des cursus qui s’allongent

La durée moyenne de la formation en contrat de professionnalisation atteint désormais le seuil des 600 heures, contre 589 en 2015. Pour la Dares, cette hausse est liée à l’élévation générale du niveau de formation recherché, qui entraîne un recul de près de 22 % des formations de moins de 200 heures. À noter toutefois que les personnes en recherche d’emploi avant la signature de leur contrat (30 % des bénéficiaires), suivent des formations plus courtes : moins de 500 heures dans 69 % des cas contre 34 % pour les sortants de scolarité. La durée de la formation dépend aussi du domaine. Elles sont par exemple plus courtes dans l’industrie que dans les services. C’est d’ailleurs dans ce dernier secteur que les nouveaux embauchés en contrat de professionnalisation préparent une qualification (82 %).

À signaler enfin que le taux de rupture observé dans ces contrats (12 %) apparaît nettement inférieur à celui des contrats d’apprentissage (27 %) [2]. L’explication se trouve peut-être dans l’âge moyen plus élevé des bénéficiaires, même si les moins de 26 ans demeurent fortement majoritaires (148 311 bénéficiaires sur un total de 195 326 en 2016).

Le contrat de professionnalisation

Deuxième contrat de travail en alternance après le contrat d’apprentissage, le contrat de professionnalisation a été créé par la loi du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle. Il vise à permettre d’acquérir une qualification professionnelle ou de compléter la formation initiale par une qualification complémentaire. Il s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, aux demandeurs d’emploi âgés de 26 ans ou plus et, depuis la loi du 24 novembre 2009, aux bénéficiaires de certains minima sociaux et aux personnes ayant bénéficié d’un contrat unique d’insertion. Ils sont financés par les Opca (Source : Dares/Insee).


Nicolas Deguerry, Centre Inffo


En savoir plus

  • Le contrat de professionnalisation en 2016 – Des embauches en hausse, une forte reprise dans la construction, Dares Résultats n° 009, 9p., mars 2018 : format PDF – 813 ko

Notes

[1Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques.

[2Chiffres 2015.