Il faut accompagner tous les salariés et plus encore les jeunes en situation de handicap (Michel Beaugas, FO)




« En 2016, la moitié des personnes handicapées qui souhaitaient suivre une formation ne sont finalement pas entrées en stage. Les causes sont multiples mais, parmi elles, il y a un problème d’adaptation des formations au handicap », constate Gilles Lenice, délégué général du Chéops (Conseil national handicap & emploi des organismes de placement spécialisés), lors de la 18ème Journée nationale travail & handicap organisée par Force ouvrière mardi 5 décembre. Face à ce rude constat, les propositions ont fusé pour rendre les formations plus accessibles aux personnes en situation de handicap.


Mise en place lente

Pourtant, depuis la loi handicap du 11 février 2005, les organismes sont obligés de rendre leurs stages accessibles en adaptant leurs supports de formation, en proposant si nécessaire un accueil à temps partiel ou encore en aménageant les modalités d’évaluation. Sur le terrain, les choses se mettent en place lentement. « Il faudrait que les organismes précisent en amont si la formation est accessible aux personnes handicapées et quels sont les moyens mis en œuvre pour qu’elle le soit. Par ailleurs, il est souvent possible de supprimer pour tous ce qui rend les formations inaccessibles aux personnes handicapées et que finalement chacun en tire profit dans son apprentissage », estime Didier Eyssartier, directeur général de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées ).

Coordonner les acteurs

La directrice générale de l’Afpa, Pascale Dartois, souhaiterait que l’on cesse de se focaliser sur le nombre d’heures de formation. « Un parcours, ce n’est pas un nombre d’heures de formation, c’est un objectif à atteindre. En partant de ce principe, on simplifierait le système », soutient-elle. Elle plaide aussi pour une meilleure coordination des acteurs afin que les parcours de formation comportent le moins d’accrocs possible. Par ailleurs, elle estime que l’on doit réfléchir — et c’est ce que fait l’Afpa — dès la conception d’une nouvelle formation à son accessibilité aux personnes handicapées en la co-construisant avec des personnes habilitées.

Accompagnement

Dans le cadre de la négociation sur l’apprentissage, Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO pour le secteur de l’emploi et de la formation, défend l’accessibilité à l’apprentissage des jeunes en situation de handicap. « Au-delà des locaux, ce sont les formations en alternance qu’il faut rendre accessibles et les entreprises doivent faire un effort particulier pour former ces jeunes », a-t-il rappelé. FO plaide aussi pour que les apprentis puissent bénéficier dès 16 ans du CEP (conseil en évolution professionnelle). « Sans accompagnement, choisir une formation adéquate pour évoluer est très complexe. L’accompagnement doit concerner tous les salariés et plus encore les jeunes en situation de handicap. Sans cela, on va dans le mur », a-t-il conclu.


Centre Inffo, Mireille Broussous