« Il faut renforcer l’accompagnement des demandeurs d’emploi » (Jean-François Foucard, CFE-CGC)




7 heures 30. C’est le temps qu’il a fallu aux partenaires sociaux pour établir, vendredi 16 novembre, le mandat confié à l’Unedic pour la négociation de la convention tripartite sur les objectifs de Pôle emploi pour les trois années à venir. Pour Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC, il s’agit de « mieux accompagner les personnes vers l’emploi durable pour, in fine, améliorer les finances du régime. »


Six axes structurent le mandat paritaire en vue de la négociation de la convention tripartite État-Unedic-Pôle emploi 2019-2022. « Nous demandons à Pôle emploi d’être plus performant et de revoir ses process d’organisation », résume Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC. En ligne de mire : la réduction du temps d’accès à la formation et, surtout, un accompagnement renforcé pour un retour à l’emploi durable et de meilleure qualité. Il s’agit premièrement d’ « accompagner les demandeurs d’emploi de manière plus personnalisée et, lorsque nécessaire, plus intensive », indique le document.

Renforcer la qualité

« Il faut un vrai accompagnement, ce qui nécessite des moyens et ne se fera pas uniquement avec des outils numériques », plaide Jean-François Foucard. Suggérant de croiser la prise en compte des aspirations et des compétences des individus aux besoins des bassins d’emploi, le secrétaire national de la CFE-CGC appelle à rompre avec les logiques quantitatives. Principal accusé : le Plan 500 000 [1] qui aurait, selon lui, essentiellement servi à diminuer le nombre de demandeurs d’emploi inscrit en catégorie A, B et C [2]. Dans leurs propositions, les partenaires sociaux appellent à la fois à enrichir et accélérer le démarrage de la phase de diagnostic et de constitution du projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE). Leur objectif ? « Une cible ambitieuse de 4 mois en termes de délai moyen d’accès à une formation, dès identification du besoin et y compris en cas de chômage longue durée ».

Individualiser et modulariser

Du point de vue méthodologique, le conseil en évolution professionnelle (CEP) doit être renforcé, en partenariat avec d’autres opérateurs, et faire l’objet d’une évaluation indépendante. L’individualisation des parcours repose également sur une meilleure « identification prospective des besoins en compétences sur le marché du travail », ce qui suppose notamment un travail renforcé et continu avec les branches professionnelles.

Jean-François Foucard insiste, « il faut optimiser le temps et l’argent pour un maximum de rendement ». Et il en est convaincu, l’optimisation des ressources passe par un meilleur positionnement des personnes et une plus grande modularisation des parcours, appuyée sur les blocs de compétences. « Mais, conclut-il, cela ne marchera que si l’État met de l’argent. »

Les six axes du mandat paritaire

  • Accompagnement des demandeurs d’emploi
  • Accompagnement des entreprises
  • Identification prospective des besoins en compétences sur le marché du travail
  • Formation des demandeurs d’emploi
  • Impact du numérique sur l’offre de service
  • Organisation et financement
  • Suivi et mise en œuvre de la convention tripartite

Notes

[1Le plan 500 000 formations supplémentaires lancé par François Hollande le 18 janvier 2016 visait la formation en urgence de personnes très éloignées de l’emploi

[2Personnes inscrites à Pôle emploi et tenues de rechercher un emploi.