L’Afest place la formation au cœur du travail (Séminaire Afest)




Il y a presque autant d’Afest (action de formation en situation de travail) que d’entreprises. Son lien très étroit avec l’organisation du travail et la souplesse de ses modalités de mise en œuvre ont été souvent évoqués lors du séminaire organisé par le Copanef et le FPSPP mardi 2 octobre à Paris.


Deux caractéristiques qui font toute l’originalité et tout le potentiel de l’Afest. Dans certains Opca, l’Afest a été intégrée à un parcours certifiant. « Nous avons lancé des approches par blocs de compétences. Nous avons profité de l’expérimentation Afest pour les déployer. Deux CQP ont été ainsi obtenus », explique Nathalie Even Quesney du Fafih l’Opca de l’hôtellerie restauration. Afin de respecter le référentiel et de sécuriser le parcours, l’évaluation de l’acquisition des compétences a été réalisée par un évaluateur externe. Le Fafih a également identifié d’autres leviers de réussite. « La phase de diagnostic est une étape importante. Il faut vérifier si l’entreprise offre les conditions d’un apprentissage en situation de travail. Les équipes doivent être motivées et le management impliqué dans la démarche », ajoute Nathalie Even Quesney.

Un référent formé

A l’Afdas, l’Opca de la culture, la communication, des médias et des loisirs, l’Afest a été abordée différemment. « Nous avons formé un référent Afest sur 70 heures. Cette personne clé élabore des parcours et organise une communauté d’experts. Il s’agit d’un rôle de coordination et de valorisation des transmissions entre pairs », explique Leila Roze des Ordons. Une approche partagée par Olivier Horvais, directeur Ile-de-France de l’entreprise Les Compagnons Bâtisseurs, « l’Afest nous a permis, en les formalisant, de pérenniser les échanges de savoir-faire qui font partie de notre ADN ». Le pari réussi de l’Afest consiste à offrir un cadre juridique et pédagogique tout en laissant une large part à l’innovation afin de s’adapter aux spécificités des entreprises.

Des effets indirects

Restent toutefois des fondamentaux. « Les actions de formation doivent s’intégrer dans l’environnement de travail, la perception des résultats doit être partagée par l’entreprise et l’apprenant, le salarié doit être prêt et volontaire et, enfin, il faut tenir compte des cycles d’activité de l’entreprise », analyse Alain Meignant, expert indépendant en apprentissage organisationnel. Les retours d’expérience montrent également que l’impact de l’Afest dépasse le périmètre de la formation. « Grâce à l’Afest, l’entreprise peut agir sur les déterminants de la qualité de vie au travail et les postures managériales », affirme Olivier Mériaux de l’Anact, l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail. Cet enjeu crucial dans une période de transformations des métiers et des organisations pourrait bien donner à l’Afest une autre dimension. Et transformer l’activité professionnelle en un lieu de production de compétences.


Catherine Trocquemé , Centre Inffo