L’assurance identifie sept chantiers à mener en matière de formation professionnelle




L’assurance se démarque par son dynamisme en termes de formation professionnelle continue. En 2016, 80 % des salariés du secteur (hors alternance) ont bénéficié d’une formation. Pour autant, les dispositifs qui ont fait leur preuve par le passé risquent de se révéler obsolètes s’ils ne se renouvellent pas. C’est ce que révèle l’étude de l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance (OEMA) présentée lundi 18 décembre.


Réalisée à partir d’entretiens avec des responsables formation du secteur, cette enquête met en lumière sept problématiques qui sont autant de chantiers auxquels ces derniers devront s’atteler pour répondre aux enjeux de demain. Cette nécessité de se transformer tient à l’essor du digital et à son impact sur les métiers de l’assurance mais aussi à l’émergence de nouvelles approches pédagogiques et méthodes de management.

Des salariés plus impliqués

« La révolution digitale souligne l’importance du rôle, des compétences et de la responsabilité du salarié dans la démarche d’apprendre, ce qui a pour conséquence de confronter davantage les entreprises aux enjeux du management de l’apprenance », constate Michel Paillet chargé de mission à l’OEMA.

Cette problématique qui ressort en tête des préoccupations a déjà conduit le secteur de l’assurance à évoluer et à innover. La création du certificat digital de branche en est un exemple, selon Michel Paillet. Lancé en 2017, il a pour objectif de permettre à l’ensemble des salariés du secteur — soit plus de 146 000 personnes — d’acquérir un socle commun de compétences numériques. L’assureur Generali France, qui a été précurseur dans ce domaine, a mis en place, en interne, une série d’initiatives impliquant des salariés volontaires afin de sensibiliser et accompagner les équipes.

Plan de développement des compétences

L’étude de l’OEMA fait aussi état d’une évolution du périmètre des actions de formation qui modifie la façon d’aborder le sujet au sein des organisations. Chez CNP Assurances par exemple, l’exercice de l’élaboration du plan de formation est désormais abordé dans une logique de développement des compétences prenant en compte les métiers en tension. Un changement qui amène le service formation à travailler sur des projets et à échanger avec les directions et les représentants du personnel à partir d’indicateurs qualitatifs plutôt que quantitatifs, selon Anne-Hélène Labat, responsable du département formation professionnelle de la société d’assurance.

Parmi les autres tendances de fond, l’étude de l’OEMA met aussi en lumière l’intérêt de l’assurance pour les expérimentations en cours, dans d’autres secteurs, en matière de formation en situation de travail, ou encore l’implication plus grande des directions métiers dans l’évolution des compétences des salariés, une décentralisation qui conduit les services formation à repenser leur rôle et leurs missions.


Centre Inffo, Estelle Durand