L’industrie hôtelière développe des CQP par blocs de compétences




Le Fonds d’assurance formation de l’industrie hôtelière (Fafih) a présenté mardi 5 décembre sa nouvelle ingénierie de certification, passant d’une approche par modules rédigés spécifiquement pour chaque CQP à celle des blocs de compétences dont certains seront transférables à d’autres CQP. Objectif : renforcer les passerelles entre métiers et sécuriser les parcours professionnels des salariés du secteur.


« Nous avons travaillé pendant deux ans avec les branches pour concevoir de nouveaux certificats de qualification professionnelle (CQP) par blocs de compétences, explique Bruno Croiset, président du Fafih, lors de la présentation de la nouvelle ingénierie de certification des industries hôtelières le 5 décembre.
Nous commencerons les premières expérimentations au premier semestre 2018 pour pouvoir les déployer au second semestre. Cette nouvelle approche de notre politique de certification permettra de renforcer les passerelles entre métiers et de sécuriser les parcours professionnels de nos collaborateurs. » Le secteur représente 900 000 emplois et 200 000 entreprises dont beaucoup de PME et TPE.

Renforcer l’employabilité

L’approche par blocs de compétences, née avec la réforme du 5 mars 2014, intègre dans les certifications les compétences transverses et transférables. « Cela permet de répondre à la fois à une logique de verticalité qui favorise les évolutions de carrière et à une logique plus horizontale qui encourage la mobilité. L’employabilité est au cœur de l’approche par blocs de compétences », précise George Asseraf, président de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP). À l’instar du Fafih, les branches s’emparent de plus en plus de ces nouvelles certifications. « Les compétences transférables sont plus simples à identifier et peuvent correspondre, par exemple, à l’apprentissage de repères collectifs et des codes professionnels que certains jeunes n’ont pas réussi à acquérir. Les compétences transverses vont, elles, dépendre du métier ou de l’activité », ajoute George Asseraf. Il s’agit donc d’un long travail d’analyse au sein de chaque branche. Le Fafih s’appuiera sur une étude prospective sur les attentes des clients réalisée par le cabinet Sociovision pour enrichir ses référentiels par les compétences requises de demain.

Nouvelle évaluation

Le Fafih passe donc d’une approche par modules rédigés spécifiquement pour chaque CQP à celle des blocs de compétences dont certains seront transférables à d’autres CQP. Les partenaires sociaux ont également voulu disposer de critères et d’outils d’évaluation homogènes. « L’évaluation est un élément-clé du dispositif. Nous avons créé une commission d’évaluation composée d’un évaluateur pédagogique et d’un expert métier qui ne sont pas intervenus dans la formation. Par ailleurs, tout au long du parcours de formation, un contrôle continu renforcé est assuré par le binôme tuteur-formateur », insiste Bruno Croiset. Le CQP est déclaré acquis lorsque le candidat a obtenu 75 % de réussite sur les thématiques de chaque bloc de compétences sans qu’aucune compensation n’existe entre les blocs. Enfin, les résultats seront pondérés entre le contrôle continu et l’évaluation finale. Une plateforme permettra de réaliser un suivi personnalisé des parcours qualifiants, de favoriser la coopération avec les organismes de formation, d’évaluer le dispositif et de donner aux commissions paritaires nationales de certification les moyens d’exercer leur mission.


Centre Inffo, Catherine Trocquemé