« L’Inventaire répond à des besoins d’entreprises » (George Asseraf, CNCP)




Tout juste confirmé dans ses fonctions de président de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) [1], George Asseraf a livré jeudi 25 janvier au Quotidien de la formation les nouveaux éléments d’analyse qui permettent d’attester de l’utilité de l’Inventaire des certifications et des habilitations.


Compétences transversales

Créé par la loi du 24 novembre 2009 et mis en œuvre à partir de 2015, l’Inventaire des certifications et habilitations est venu enrichir le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) d’une logique complémentaire. Là où le RNCP vise à produire une information sur les diplômes, les titres à finalité professionnelle et les certificats de qualification professionnelle (CQP), l’Inventaire est, lui, chargé de signaler des « habilitations et compétences transversales mobilisées en situation de travail », souligne George Asseraf. Et d’insister : « Dans le cas du RNCP, les objets de certification renvoient à des métiers ou à des ensembles d’activités portés par un cadre d’emploi ; avec l’Inventaire, nous sommes sur une logique d’autorisation d’exercer tout ou partie d’un métier (quand cette partie est réglementée) et/ou de compétences particulières ». Il le souligne, c’est une logique qui s’intéresse aux « compétences transversales, entendues comme des compétences de spécialité ou des compétences qui se retrouvent dans un contexte professionnel particulier ».

Deux années de recul

Reste qu’à la différence du RNCP, créé en 2002 et dont les effets sont connus de longue date, l’Inventaire, de par son déploiement récent, demeure pour beaucoup un objet présentant un certain flou : « Ne serait-ce pas un réceptacle de certifications qui ne serviraient à rien ? », résume George Asseraf. Longtemps restée incertaine, la réponse peut aujourd’hui apparaître, après plus de deux années de mise en œuvre de l’Inventaire. D’un point de vue quantitatif, il recense à ce jour 1 608 certifications dans les trois catégories (voir encadré) : 361 en A, 594 en B, 652 en C.

Utilité vérifiée

Mais c’est surtout l’analyse qualitative qui intéresse aujourd’hui le président de la Commission. Renvoyant aux deux étapes qui constituent pour la CNCP le process d’analyse et d’évaluation d’une certaine qualité des certifications, George Asseraf évoque d’abord une étape « filtre », liée au principe de « l’autorité légitime ». Principe selon lequel un organisme doit passer par l’une des trois autorités légitimes pour déposer sa demande de recensement : un ministère, une commission paritaire nationale de l’emploi (CPNE) ou un membre de la commission. Or et pour les catégories B et C, il apparaît que 79 % des demandes ont été validées par une CPNE. Pour George Asseraf, c’est cette implication des branches, sans laquelle la commission n’aurait pas à traiter des dossiers, qui vient donner un signal d’utilité : « l’Inventaire répond pleinement à des besoins d’entreprises puisque les CPNE se portent garant de l’utilité de la certification. »

La deuxième étape renvoie à l’examen de la certification par la Commission nationale, qui vient vérifier qu’il existe bien « une déclinaison en compétences, une garantie d’information auprès de l’usager et une logique d’utilité sociale avérée ». Et le président de la CNCP de conclure : « Par ces deux étapes et avec le recul acquis, on peut aujourd’hui dire que l’Inventaire, essentiellement mobilisé par les CPNE, traduit une réponse aux besoins des entreprises. »

Les trois catégories de l’Inventaire
L’Inventaire des certifications et des habilitations est ventilé en trois catégories. Figure en catégorie A tout ce qui découle d’une norme de droit, c’est-à-dire les habilitations nécessaires pour exercer tout ou partie de l’activité, telles que les Caces [2], les habilitations électriques, certains éléments de diplômes du sport, etc. Vient ensuite tout ce qui correspond aux normes de marché, créées non par le droit mais par les entreprises elles-mêmes et qui représentent une valeur significative sur le marché du travail (certifications informatiques de type Cisco ou Microsoft, linguistiques de type Toefl ou Toeic, etc.). Enfin, la catégorie C renvoie à des signaux de qualification qui ne dépendent ni des normes de droit, ni des normes de marché, mais qui n’en portent pas moins une utilité sociale (exemple de la fonction de tuteur en entreprise).

  • Le site de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) : www.cncp.gouv.fr

Centre Inffo, Nicolas Deguerry

Notes

[1Arrêté du 10 janvier 2018 portant nomination à la Commission nationale de la certification professionnelle, Journal officiel de la République française n° 0009 du 12 janvier 2018 texte n° 41.

[2Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité.