L’U2P milite pour son Opco des métiers de proximité et de l’artisanat




Recevant Muriel Pénicaud aux Rencontres de l’U2P organisées à la maison de la Mutualité à Paris jeudi 27 septembre, Alain Griset a insisté sur un point clé de la mise en oeuvre de la réforme. " La réussite de la réforme repose sur un outil adapté aux plus petites entreprises. Nous avons entamé des négociations pour transformer Actalians en Opco des métiers de proximité et de l’artisanat. Nous devrions aboutir bientôt à un accord et espérons obtenir votre accord", a lancé le président de l’U2P qui précise, dans son intervention, que ce projet s’inscrit dans les propositions du rapport Marx-Bagorski remis au gouvernement le 6 septembre dernier.


La ministre du Travail a, de son côté, pointé les nouvelles dispositions de la loi en faveur de l’apprentissage et du développement de la formation professionnelle dans les PME TPE. "Nous avons voulu déverrouiller les freins au développement de l’apprentissage, simplifier le système et donner davantage de pouvoir aux branches. Ces dernières doivent prendre en compte les plus petites entreprises, si besoin à travers des accords types". Le message de la ministre était clair : tout a été fait pour replacer les entreprises au centre du système d’apprentissage et de la formation professionnelle. A elles, désormais, de faire leurs preuves.

Un Opco dédié

Ce 27 septembre, dans l’atelier thématique sur l’apprentissage et la formation, les représentants de l’U2P sont revenus sur la nécessité de créer un opérateur de compétences des métiers de proximité et de l’artisanat. "Jusqu’à présent nos métiers étaient éparpillés dans de nombreux Opca. Il faut que les branches se rendent compte de l’importance de disposer d’un Opco sur notre périmètre, adapté à nos spécificités", martelle Laurent Munerot, président de la commission éducation, orientation et formation de l’U2P. Pour les petites entreprises, les enjeux sont stratégiques. C’est, en effet, l’Opco qui appuiera les branches dans l’établissement des "coûts au contrat" dans l’apprentissage, pierre angulaire du modèle économique des CFA. C’est aussi l’Opco qui les accompagnera dans leurs politiques de formation professionnelle dans un contexte de transformation des métiers et de tension sur le recrutement. L’U2P s’est positionné très tôt sur un Opco des métiers et de l’artisanat et en fait aujourd’hui une large promotion. Il s’agit de fédérer le plus grand nombre de branches possible, le plus rapidement possible.

Le maillon faible

Les adhérents de l’U2P saluent les mesures de simplification de l’apprentissage et la prise en compte, dans la réforme, de la particularité des plus petites entreprises. Mais ils restent inquiets. "Cela ne me dit pas comment les jeunes vont avoir envie d’entrer en apprentissage. Nous avons beaucoup de mal à les recruter", confie un entrepreneur en maçonnerie. Parmi les leviers de développement de l’apprentissage, la réforme de l’orientation les laisse encore sceptique. "Nous avons recentrer l’orientation dans les régions, au plus proche du terrain", précise Alain Druelles de la DGEFP lors d’un atelier consacré à l’apprentissage et à la formation professionnelle. Mais aux yeux de beaucoup d’entrepreneurs, c’est au niveau du parcours scolaire que le bât blesse. Muriel Pénicaud a annoncé la mise en place de 54 heures par an consacrées à la découverte des métiers pour tous les élèves de la 4éme à la 3éme.


Catherine Trocquemé, Centre Inffo