L’Udes plaide pour un « pacte de croissance sociale et solidaire »




Réuni ce jeudi 7 décembre à la Mutualité (Paris), le congrès national de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes) rassemble quelque 800 participants. Hugues Vidor, président, et Sébastien Darrigrand, délégué général, ont saisi l’occasion pour présenter à la presse le 5 décembre leurs propositions pour un « pacte de croissance sociale et solidaire ». Retour sur les principales mesures apprentissage et formation.


« Nous construisons au quotidien une économie où le service rendu est plus important que l’appât du gain. » Ainsi Hugues Vidor, président de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), résume-t-il l’ambition des acteurs de l’ESS. Et en ce début de quinquennat, alors même que l’Udes vient d’être reconnue, le 18 octobre dernier, comme organisation professionnelle d’employeurs représentative au niveau national et multiprofessionnel, l’organisation se félicite d’être au rendez-vous de l’ensemble des réformes qui jalonnent l’agenda social. À commencer par la concertation apprentissage et la négociation relative à la formation professionnelle, pour lesquelles l’Udes formule de nombreuses propositions réunies dans un « pacte de croissance sociale et solidaire ».

Contrats d’alternance

Pour l’heure davantage employeur de contrats aidés (170 000) que d’apprentis (10 000), le secteur de l’économie sociale et solidaire se dit favorable à un « rapprochement ou une fusion des contrats d’apprentissage et de professionnalisation ». Une première étape pourrait être l’alignement des conditions de rémunération des alternants. Au-delà, l’Udes exprime des réserves sur le projet d’affecter aux seuls établissements formant effectivement des apprentis la taxe d’apprentissage et réclame notamment la création d’un fonds de soutien à l’apprentissage dans l’ESS.

Réforme d’adaptation

En matière de formation professionnelle, l’Udes plaide pour « une réforme d’adaptation et non de transformation profonde du système ». Il s’agit à la fois de prendre le temps de l’évaluation des dispositifs phares de la réforme de 2014 que sont le compte personnel de formation (CPF) et le compte personnel d’activité (CPA), et de conserver le rôle des Opca [1]. Sur ce point et à l’heure où les vertus de l’accompagnement sont signalées par tous, Hugues Vidor insiste fortement : « Leur rôle est fondamental, les Opca ne sont pas qu’un outil de gestion mais un outil de conseil. » Raison pour laquelle, Sébastien Darrigrand le souligne, l’Udes se déclare également défavorable à une monétisation du CPF, qui risquerait selon lui d’« affaiblir le rôle d’intermédiation des Opca » et d’aboutir à une « inflation des coûts pédagogiques ».

Capacité de reconversion

Par ailleurs ouverte à la perspective d’une fusion du CPF et du congé individuel de formation (Cif), l’Udes réclame toutefois de conserver « la capacité de reconversion professionnelle portée par le Cif et de maintenir un équilibre entre les différentes fractions de la contribution unique (CPF d’une part, plan et professionnalisation de l’autre) ». Toujours dans l’idée de préserver les parcours de formation longs et qualifiants, l’organisation appelle aussi à maintenir les périodes de professionnalisation.

Enfin et alors qu’une révision du périmètre des contrats aidés se profile dans le cadre de la mission Borello, Hugues Vidor rappelle la volonté forte de l’Udes de les voir « liés à une obligation de formation ».

L’Udes représente 24 groupements et syndicats d’employeurs (associations, mutuelles, coopératives) et 16 branches et secteurs professionnels. Multiprofessionnelle, l’organisation représente plus de 60 000 entreprises employant plus d’un million de salariés.


Centre Inffo, Nicolas Deguerry

Notes

[1Organismes paritaires collecteurs agréés.