La CGT dénonce une réduction des droits à la formation des salariés liée à la monétisation du CPF




La Confédération générale du travail (CGT) a fustigé la monétisation du compte personnel de formation, dans un communiqué diffusé mardi 6 novembre.


Perte nette

« Aujourd’hui, les salariés ayant acquis 150 heures bénéficient d’un financement moyen de 5 250 euros à 6 000 euros, le taux de prise en charge moyen étant de 35 à 40 euros de l’heure. Au premier janvier 2019, ces mêmes 150 heures devraient être valorisées à hauteur de 14,28 euros, soit un montant global de 2 142 euros soit une perte nette pour chaque bénéficiaire ayant 150 heures sur son compte oscillant entre 3 858 euros et 3 108 euros », affirme la CGT.

À l’unisson des autres organisations syndicales, ainsi que des organisations patronales, la CGT s’oppose à la monétisation du CPF, introduite par la loi relative à la liberté de choisir de son avenir professionnel.

Hors temps de travail

«  Au-delà de la perte de droit, la sécurité sociale professionnelle est fortement réduite. La monétisation du CPF permet de ne plus lier l’accès à la formation à la durée du travail et va favoriser la formation en dehors du temps de travail. Alors que dans le même temps, le gouvernement a supprimé le congé individuel de formation, qui permettait de se former sur le temps de travail. Cela ne va pas dans le sens du progrès », explique Lionel Lerogeron, co-animateur du collectif formation professionnelle au sein de la CGT.

Paritarisme

Malgré son opposition à la loi avenir professionnel, la confédération souligne sa détermination à conserver sa place dans le paritarisme de la formation professionnelle. « La CGT reste plus que jamais attachée au champ de la formation professionnelle, même si la reprise en main par l’État au travers de France compétence n’augure rien de bon pour la mise en œuvre de la loi. Avec ses 45 voix plus les 10 voix des personnalités qualifiées nommées par le gouvernement, l’État sera majoritaire (lire notre article). Les organisations syndicales auront du mal à faire entendre leur voix  », souligne Lionel Lerogeron.


David Garcia, Centre Inffo