La fonction publique s’approprie le compte personnel de formation (CPF)




Le 31 décembre 2017, les agents de la fonction publique seront crédités de leurs premières heures de formation acquises au titre du compte personnel de formation (CPF) entré en vigueur en 2017. Une nouveauté qui a mobilisé et mobilise encore les employeurs publics comme l’ont rappelé, lors de la matinée d’échanges du 15 novembre, les adhérents du « groupe secteur public » créé en avril 2017 au sein du Groupement des acteurs et responsables de la formation (Garf).


Au CNRS qui emploie 33 000 agents, la mise en œuvre s’est déroulée en plusieurs étapes. À partir du mois de juillet, des présentations du compte personnel d’activité (CPA), dispositif réunissant le CPF et le compte d’engagement citoyen (CEC), ont été organisées pour les responsables formation et les organisations syndicales. Dans un second temps, le chantier a pris un caractère administratif et informatique avec le calcul des droits en vue d’éditer d’ici à fin 2017 les attestations à fournir aux 33 000 agents.

Accompagnement des agents

Le CNRS va maintenant entrer dans une phase plus opérationnelle qui va faire bouger les lignes en interne, en termes d’accompagnement des agents souhaitant activer leur CPF. « A priori l’information des agents se fera lors de l’entretien de formation obligatoire. Sachant qu’ils ont différents interlocuteurs sur les questions RH et formation, une de nos pistes de travail serait d’avoir un ou deux référents CPF dans chacune de nos délégations régionales », explique Christiane Énamé, responsable du service formation et itinéraires professionnels au sein de la DRH du CNRS, et co-présidente du Garf secteur public.

La mise en œuvre du CPF a aussi un impact sur la gestion de la formation en interne : définition des priorités de l’employeur auxquels peuvent se référer les agents ayant un projet d’évolution professionnelle et articulation avec les autres dispositifs tels que le plan de formation.

Moyens financiers

Mais les lignes bougent aussi sur le plan financier, sachant que les frais pédagogiques des formations suivies dans le cadre du CPF sont pris en charge par les employeurs publics. « Pour garder la maîtrise du budget formation, il nous faudra fixer une enveloppe consacrée au CPF », indique Christiane Énamé.

Du côté des acteurs de la formation, comme le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), la mise en œuvre du CPF se traduit par des offres plus modulaires et la création de parcours pour les personnes amenées à délivrer un conseil en évolution professionnelle (CEP).

Mais à terme, c’est toute la fonction ressources humaines qui va évoluer. À l’avenir, il faudra davantage anticiper les évolutions professionnelles et les changements de métier pour avoir dans son offre de formation interne des solutions apportant des réponses aux projets individuels, indique un intervenant.

Management des compétences

Au sein de l’Inserm, par exemple, le pôle RH va travailler désormais dans le cadre d’un projet triennal qui vise à une plus grande individualisation de l’accompagnement et à une approche plus transversale des ressources humaines incluant toutes les facettes de la fonction : conseil, recrutement, mobilité, formation, et gestion prévisionnelle des compétences.

Comme le souligne une représentante d’Agefos-PME Ile-de-France, il s’agit désormais de travailler dans une logique de « management des compétences », ce qui implique de sensibiliser les responsables d’équipes afin qu’ils fassent part des besoins sur le terrain, mais aussi de les informer de la stratégie de l’organisation à plus long terme.


Centre Inffo, Estelle Durand


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Droit de la formation : Mise en oeuvre du CPA dans la fonction publique