La question de l’avenir du CléA s’invite aux « Jeudis de l’Afref »




Le destin du certificat CléA, dont l’expérimentation se termine en juin, était au cœur du débat organisé par l’Afref, le 15 février à Paris, sur le thème « Certification des personnes : marché, contrôle, reconnaissance ».


Grâce au réseau national des APP (Atelier de pédagogie personnalisée), ce sont 15 000 parcours CléA [1] qui ont déjà été enclenchés. « C’est un vrai succès. Le certificat CléA, créé par le Copanef [2], est de plus en plus connu des publics grâce au bouche-à-oreille », se félicite Laurence Martin, directrice de l’Association pour la promotion du label APP . Les Régions mais aussi certaines branches professionnelles se sont aussi appropriées le CléA car elles observent que, grâce à lui, le taux d’abandon des formations est moins important.

Manque de visibilité

Malgré tout, l’avenir de ce certificat n’est pas garanti même si, rappelle Laurence Martin, « il tire sa légitimité des partenaires sociaux qui ont travaillé à son élaboration sur la base des pratiques existantes au sein des branches professionnelles et des Régions, des référentiels existants et notamment ceux du ministère de l’Éducation nationale et de l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme) ». Elle regrette un manque de « visibilité du CléA dans la réforme de la formation professionnelle ». Par ailleurs, la fin prochaine de l’expérimentation fait que, dès aujourd’hui, les Opca financent moins ce dispositif. « La question est de savoir comment préserver le financement de cette étape essentielle qui consiste à évaluer les compétences acquises », précise-t-elle. En effet, l’évaluation est l’élément clé de ce certificat qui identifie d’abord quelles sont les compétences acquises avant de se pencher sur celles qui font défaut.

Grâce à cette démarche, le CléA permet de redonner confiance en soi tout en accompagnant les personnes dans leur parcours de formation professionnelle. « Il est fondamental d’orienter les personnes vers des organismes de formation bienveillants », indique Laurence Martin.

Attitude réflexive

À l’heure des premiers bilans, des critiques se font jour. Pour certains, il y a une contradiction à évaluer et accompagner à la fois. « On évalue et en même temps on aide. C’est une situation artificielle que les formateurs ne vivent d’ailleurs pas toujours très bien. Quant aux participants, ils passent un diplôme qui n’en est pas un. Le CléA joue un rôle d’attestation de prérequis », affirme Stéphane Balas, maître de conférence « métiers de la formation » au Cnam. Une observation qui a fait bondir certains participants à cette matinée. « Le CléA engage les personnes dans une attitude réflexive. Il les amène à s’interroger sur la façon de valoriser leur parcours. On est loin d’un simple prérequis », s’est insurgée une formatrice.


Mireille Broussous, Centre Inffo

Notes

[1 Le certificat CléA est issu du socle défini par le décret n° 2015-172 du 13 février 2015 comme étant « constitué de l’ensemble des connaissances et des compétences qu’il est utile pour une personne de maitriser afin de favoriser son accès à la formation professionnelle et son insertion professionnelle ». Il est destiné aux personnes fragilisées, salariés ou demandeurs d’emploi, sans qualification ni diplôme

[2Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation professionnelle