La réforme actuelle rend nécessaire la régulation par la qualité (Jacques Bahry)




Jacques Bahry est le nouveau président de la commission qualité, développement des compétences et des qualifications du Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles [1]. Membre depuis le tout début, il en rappelle le rôle central  : « Cette commission s’occupe d’une des missions les plus importantes du Cnefop, issue du décret qualité. Celui-ci exige que les financeurs (Opca, Opacif, État, Régions, Pôle emploi et Agefiph) garantissent la qualité des actions de formation des organismes avec lesquels ils travaillent. Si ceux-ci bénéficient d’une certification qualité reconnue par le Cnefop, il doit y avoir un a priori favorable quant au respect des six critères de qualité retenus par le décret, sans que cela n’interdise de contrôle. »


Référencer les certificateurs

L’activité principale de la commission a donc été, depuis la publication de ce décret, de référencer les organismes certificateurs pour les inscrire sur la liste du Conseil national. « Nous avons mis au point une méthodologie qui permet de garantir notre impartialité. Nous avons déterminé des critères, pondéré certains, et établi une grille d’évaluation des certificateurs. À ce jour, une cinquantaine sont référencés », indique Jacques Bahry.

Le rapport de la commission qualité du Cnefop sera examiné lors de la plénière du 23 janvier. Rédigé par la commission alors présidée par Georgette Bréard (qui préside dorénavant la commission Territoires), il diffère des habituels rapports d’activité comme l’indique Jacques Bahry  : « C’est un rapport important de plus de 100 pages, une “somme” sur le sujet de la qualité. Cela aurait été plus facile si nous l’avions écrit après la réforme. Mais dans ce contexte, il expose plusieurs manières d’aborder la question de la qualité et il dresse plusieurs scenarios quant à l’avenir. »

Libéralisation et régulation

Par ailleurs membre du bureau du Cnefop, Jacques Bahry y représente la CPME et, à ce titre, précise : « Nous sommes pour une plus grande liberté du système de formation mais nous considérons que cette libéralisation nécessite un rôle plus important attribué à la qualité et à la visibilité de la qualité. Tout particulièrement dans le contexte de la réforme actuelle qui élargit le compte personnel de formation, ce qui rend d’autant plus nécessaire la régulation par la qualité. Les personnes, et dans les entreprises surtout les PME, se trouvent seules face à leurs choix. Contrepartie de la réduction de la place des contrôles institutionnels, il est donc essentiel que l’assurance par la qualité soit plus importante et que le rôle du Cnefop soit conforté. »


Centre Inffo, Béatrice Delamer

Notes

[1Il est par ailleurs président du Forum français des formations digitales (Fffod), directeur du développement et des projets du groupe IFG/Inseec et administrateur de Centre Inffo.