« La réforme de la formation professionnelle, un défi excitant et inquiétant » (Pierre-Laurent Vaglio, directeur d’Opcalia Paca)




En Provence Alpes-Côte-d’Azur, la perspective de la réforme réjouit et inquiète à la fois Opcalia Paca.


Le Quotidien de la formation : La réforme de la formation professionnelle du gouvernement est-elle une bonne nouvelle pour les Opca ?

Pierre-Laurent Vaglio : Elle va au moins permettre de faire évoluer un système devenu trop complexe, et finalement à bout de souffle. Des entreprises et des salariés pouvaient être perdus parfois dans les nombreux circuits de financement des formations. Et puis de plus en plus, nous devons faire plus avec moins de moyens. Donc il faut revoir l’organisation.

QDF : Vous n’aurez plus la main sur la collecte des fonds de la formation professionnelle. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

P-L V : Nous nous demandons comment les fonds seront redistribués par France compétences, cette future agence nationale de régulation. De toute évidence, nous ne pourrons plus financer en direct les contrats en alternance. Et nous n’aurons peut-être plus les mêmes moyens. Ce n’est pas non plus le système le plus simple qui est en train d’être créé.

QDF : Le gouvernement veut rapprocher la formation des entreprises. Comment l’envisagez-vous ?

P-L V : Chez Opcalia, nous fonctionnons déjà de cette manière. Notre organisation territoriale nous permet d’accompagner les TPE PME sur les questions de ressources humaines. On peut mieux le faire, notamment sur les besoins en main d’œuvre par métier. C’est exigeant. Il faudrait presque être dans l’entreprise au bon moment. Finalement, c’est un défi excitant pour doper l’alternance.

QDF : Le président du Conseil régional Paca redoute la disparition de plus de la moitié des CFA. Qu’en pensez-vous ?

P-L V : Les Régions perdent le pouvoir de la collecte des fonds de l’apprentissage. Elles ne pourront donc peut-être pas maintenir leurs plans de financement dans les prochaines années. Et les CFA devront également coller davantage aux besoins des entreprises.


David Aussillou, Centre Inffo