Le développement de l’Afest porté par une volonté politique (Séminaire Afest)




Des représentants de l’État, des Régions et des partenaires sociaux ont réaffirmé l’intérêt d’un déploiement à grande échelle des Actions en situation de travail (Afest) lors du séminaire organisé par le Copanef [1] et le FPSPP [2] mardi 2 octobre à Paris.


Cette nouvelle modalité de formation inscrite dans la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre entre dans une phase de développement qui mobilisera le Plan d’investissement compétences (Pic) ainsi que le dialogue social dans les branches et les entreprises. C’est le message qu’ont porté Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l’insertion par l’emploi, Carine Chevrier, déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), Georgette Bréard, vice-présidente du conseil régional de Bretagne, David Margueritte, vice-président du conseil régional de Normandie, Philippe Debruyne (CFDT), président du Copanef et Joëlle Hélénon, directrice de mission au Medef. L’Afest est clairement apparue comme un élément fédérateur pour le quadripartisme. Les parties prenantes ont en effet travaillé ensemble autour de l’expérimentation et continueront à le faire dans la phase de déploiement au sein de France compétences.

Pactes régionaux

L’Afest répond à de nombreuses problématiques liées aux territoires. Au moment où se construisent les pactes régionaux pluriannuels du Pic, Jean-Marie Marx appelle au développement de l’Afest. « Cela permet de réinterroger les dispositifs de formation pour les jeunes et les demandeurs d’emploi. Par ailleurs, il peut être intéressant d’intégrer l’Afest dans des parcours certifiants en y ajoutant, si nécessaire, des modules complémentaires ». Le haut-commissaire insiste sur le partage d’expériences, « nous lancerons dès l’année prochaine une plateforme collaborative autour des initiatives liées au Pic ». Les Régions, de leur côté, sont prêtes à jouer le jeu. « L’Afest répond à deux problématiques sensibles, celle du sourcing et du recrutement. Cette modalité est plus attractive pour les jeunes qui recherchent des formations rapidement opérationnelles », déclare David Margueritte. En Bretagne, Georgette Bréard affirme vouloir « utiliser les pactes régionaux pour la phase de développement de l’Afest et la faire entrer, ensuite, dans une phase de déploiement. Le travail effectué en amont par l’expérimentation et le fait de disposer d’un cadre réglementaire est rassurant ».

Dialogue social

Les partenaires sociaux sont, eux aussi, invités à se saisir de l’Afest dans les entreprises et dans les branches. D’autant plus qu’il n’existe pas, selon Philippe Debruyne, de « modèle unique de l’Afest. Il faut l’aborder au regard de l’entreprise. Le dialogue social est donc une des conditions de réussite de son développement. L’Afest permet de mettre le travail au cœur de la formation ». Au Medef, Joëlle Hélénon est convaincue que les branches seront au rendez-vous pour sensibiliser les entreprises aux initiatives liées à l’Afest. C’est déjà le cas des transports ou encore de la métallurgie. Tous les intervenants ont également rappelé le rôle déterminant des futurs opérateurs de compétences, tout particulièrement dans le champ des TPE-PME.

France compétences

Cette journée de restitution aura marqué le lancement de l’Afest auprès des acteurs de la formation. Son calendrier se précise. Les décrets d’application de cette nouvelle modalité pédagogique sont attendus mi-novembre. « Le comité de pilotage travaille sur les décrets. Il y aura ensuite une phase d’appropriation. On peut imaginer la création d’un groupe de travail dédié à l’Afest au sein de France compétences afin d’accompagner et de suivre l’essaimage de ces nouvelles pratiques », précise Carine Chevrier.


Catherine Trocquemé, Centre Inffo

Notes

[1Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation professionnelle

[2Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels