Le Fafih réaffirme sa spécificité dans le paysage de la formation et de l’apprentissage




Le Fafih, Opca et Octa de l’hôtellerie restauration, des loisirs et des activités de tourisme, entend conserver sa place dans le futur paysage de la formation et de l’apprentissage. C’est le message qu’a fait passer son président, Didier Chastrusse, lors de la 2ème édition des Assises de l’apprentissage. Cette manifestation destinée aux directeurs des 105 CFA partenaires du Fafih se déroulait mercredi 14 novembre dans le cadre du salon Équiphôtel.


À la lecture du rapport de Jean-Marie Marx et René Bagorski, la question du devenir du Fafih peut légitimement se poser. Les auteurs préconisent en effet la création d’un opérateur de compétences regroupant « les professions de l’artisanat, les professions libérales, l’hôtellerie, la restauration et le tourisme ». Un scénario auquel le Fafih ne se résout pas, du fait notamment des spécificités des métiers de ses adhérents. « La branche essaie de sauvegarder la structure Fafih qui connait vos CFA et les entreprises. C’est un combat de tous les jours. Mais c’est notre engagement. Nous sommes là pour vous soutenir et pour faire perdurer ce que notre branche sait faire de mieux », a indiqué Didier Chastrusse aux dirigeants de CFA, rappelant que le secteur forme 35 000 apprentis.

Plate-forme d’information, journées découvertes

À ce stade de la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage, il reste de nombreuses inconnues, reconnaît Didier Chastrusse, « mais ces inconnues ne nous empêchent pas de travailler ». Outre ces Assises de l’apprentissage destinées entre autres à informer les directeurs de CFA sur les impacts de la réforme, le Fafih va lancer d’ici à la fin de l’année, une plate-forme numérique d’information et d’échanges destinée aux centres de formation du réseau. En parallèle, l’organisme paritaire se prépare à reconduire sa journée de découverte des métiers de l’hôtellerie restauration, des loisirs et du tourisme. La deuxième édition de cette manifestation baptisée Deciday !, qui aura lieu le 17 janvier 2019, sera notamment l’occasion pour les CFA de faire connaître leurs formations lors de journées portes ouvertes. Le président du Fafih a par ailleurs annoncé que les partenaires sociaux avaient entamé des réflexions en vue de transformer les certificats de qualification professionnelle (CQP) en titres, ce qui permettrait d’élargir les possibilités de formation en apprentissage.

Le financement au centre des interrogations

Lors de ces Assises, les dirigeants de CFA ont eu l’occasion de faire état de leurs préoccupations et interrogations dans le cadre de la réforme qui s’amorce. Le financement de leurs structures suscite de nombreuses questions. Comment va s’appliquer la prise en charge des formations par les opérateurs de compétences, sur la base d’un forfait annuel, pour les cursus courts ou en cas de rupture de contrats ? Que deviennent les conventions pluriannuelles signées avec les Régions ? Comment entretenir le lien avec les entreprises alors que le nouveau système de financement les éloigne des CFA ? Quelle stratégie adopter localement dans les territoires face à d’éventuelles nouveaux concurrents ? Autant d’interrogations auxquelles sont confrontés les acteurs actuels de l’apprentissage. Mais pour Sophie Rameaux, administratrice du Fafih, le contexte de la réforme constitue aussi une opportunité : « branches, entreprises, CFA, nous devons travailler davantage ensemble, pour rendre nos métiers plus attractifs, faire entrer le digital dans nos CFA, nous adapter aux jeunes… »


Estelle Durand, Centre Inffo