Le Medef milite pour une gouvernance équilibrée de France compétences




Lors de la conférence de presse mensuelle du Medef mardi 15 mai, son président, Pierre Gattaz, a exprimé ses réserves quant aux missions confiées au futur établissement public France compétences et à son mode de gouvernance.


Les objectifs de France compétences, qui fusionnera le Cnefop (Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles) le Copanef (Comité interprofessionnel pour l’emploi et la formation) et le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels), et dont les missions sont de contrôler la qualité des formations et de réguler leur coût, sont loin de satisfaire l’organisation patronale. Dès mars dernier, le Medef regrettait sur son site que cette « nouvelle agence d’État ne semble orientée que vers la régulation et le contrôle ». « Nous n’avons pas besoin d’une organisation fossilisée qui ne serait qu’une instance de contrôle. Nous avons besoin d’une organisation réactive, agile, capable d’anticiper et d’apporter des éclairages sur les besoins de formation et d’apprentissage », a insisté Pierre Gattaz lors de la conférence de presse.

Équilibre des acteurs

Pour que cette organisation soit force de proposition, à même d’imaginer les futurs CléA (certificats de connaissances et de compétences professionnelles), les futurs blocs de compétences, « il faudra un équilibre des acteurs en présence », soutient Florence Poivey, membre du conseil exécutif du Medef et chef de file de la négociation pour la réforme de la formation professionnelle, dans un entretien accordé au Quotidien de la formation. La gouvernance de France Compétences sera composée de façon quadripartite (État, Régions, partenaires sociaux) et le Medef souhaite qu’une place lui soit réservée «  à la mesure des responsabilités qui sont les siennes », précise Florence Poivey. Mais il redoute que l’État n’imprime trop sa marque même si, assure Pierre Gattaz, France Compétences ne devrait pas être pilotée par un haut fonctionnaire.

Dynamisme

Pour l’organisation patronale, il ne faut pas non plus que France Compétences s’endorme sur ses lauriers. « Cette instance devra être garante de l’évolution continue du système de la formation professionnelle. Il sera important que ses différentes composantes – y compris, bien sûr, le Medef — soient mises sous tension pour y parvenir », insiste Florence Poivey. Le Medef veillera aussi à ce « qu’une articulation fluide se mette en place avec les Régions et que, dans le cadre d’une stratégie d’objectifs partagés avec elles, se construise un véritable espace de gouvernance », conclut Florence Poivey.


Mireille Broussous, Centre Inffo