« Le renforcement des libertés individuelles crée un besoin d’accompagnement » (Stéphane Giboudaud, directeur du Fongecif Auvergne-Rhône-Alpes)




Et si la désintermédiation des processus d’accès à la formation, redoutée des partenaires sociaux, était au contraire un marchepied pour les logiques d’accompagnement ? C’est la thèse défendue par Stéphane Giboudaud, directeur général du Fongecif Auvergne-Rhône-Alpes, lors du colloque « Former pour et par le travail » co-organisé récemment à Lyon par le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) et Agefos-PME Auvergne-Rhône-Alpes.


La volonté de simplifier l’accès à la formation professionnelle n’est pas l’apanage de la réforme en cours, loin s’en faut. Force est de reconnaître que la question prend pour la première fois une forme qui peut déplaire aux partenaires sociaux avec un certain appel à la « désintermédiation » : là où il s’agissait auparavant d’épargner à l’usager final les complexités du système par un recours à des tiers professionnels, la volonté de la présente réforme serait de redonner de la liberté aux individus en libérant l’achat de formation. Pas plus inquiet que cela devant cette « forme de désintermédiation », Stéphane Giboudaud, directeur général du Fongecif Auvergne-Rhône-Alpes, y voit l’occasion de réaffirmer une « conviction forte » : « qui dit renforcement de la liberté dit responsabilité accrue », laquelle doit, selon lui, « nécessairement être associée à un accompagnement accru », dispensé aux individus pour leur permettre de réussir leurs parcours de transition et de reconversion professionnelle.

Plus qu’un financeur

C.Q.F.D. : nous sommes dans le « cœur de métier » des Fongecif, qui n’ont donc pas lieu de s’inquiéter. La preuve ? Stéphane Giboudaud entend la fournir par les chiffres : avec 80 000 personnes accueillies en premier accompagnement et 20 000 personnes ayant reçu un « accompagnement structuré » pour construire leur projet d’évolution professionnelle en 2017, le Fongecif Auvergne-Rhône Alpes répond présent. Et pour bien montrer que le rôle des Fongecif, l’un des cinq réseaux d’opérateurs nationaux du conseil en évolution professionnelle, n’est pas qu’un financeur, il oppose à ces 100 000 personnes les 6 000 congés individuels de formation [1] accordés cette même année : « C’est bien la preuve que le métier de l’accompagnement n’est pas dans une interconnexion obligatoire avec le financement. »

Tenir conseil

Assimilant l’accompagnement à un parcours de longue durée qui porte l’ambition de gérer les transitions professionnelles, le directeur général du Fongecif souligne l’importance d’avancer sur deux jambes : d’une part, avec des « outils financiers puissants » ; d’autre part, avec un « système d’accompagnement tout aussi puissant ». Et de conclure : « Pour avoir cette capacité à former pour le travail, l’accompagnement doit aussi prendre en compte la liberté des personnes. »

Précisément ce que font, selon lui, les Fongecif « qui tiennent conseil, mais qui ne sont pas des prescripteurs ».


Centre Inffo, Nicolas Deguerry

Notes

[1Cif-CDI et Cif-CDD.