Les débuts prometteurs de la formation en situation de travail (Fest)




Les premières expérimentations de formation en situation de travail réalisées en entreprises sont riches en enseignements. La matinée organisée par l’Afref (Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation) organisée sur ce thème jeudi 23 novembre a permis aux intervenants d’échanger sur les expérimentations commencées pour la plupart en 2016 avec 11 Opca impliqués.


On connaissait le stage en présentiel et la formation à distance. Avec la formation en situation de travail (Fest) s’ouvre une troisième voie d’accès à la formation. À l’origine de ce concept innovant, il y a notamment le plan TPE-PME lancé en 2015, qui a voulu libérer les possibilités de formation. Pour autant, la Fest n’est pas simplement un apprentissage « sur le tas », ont tenu à rappeler les membres de l’Afref. Elle doit respecter un cahier des charges, « car il s’agit d’une véritable action de formation professionnelle », précise Francine Surmont, l’une des responsables de l’association.

Ceci implique un programme de formation préétabli, des moyens et un encadrement clairement définis, un itinéraire pédagogique expliqué à l’apprenant, des méthodes d’apprentissage variées et une évaluation des compétences acquises. « La Fest pourra-t-elle donner lieu, si ces conditions sont respectées, à des certifications, à des VAE, pourra-t-on la rendre éligible au financement de la formation professionnelle ? », s’interroge Francine Surmont. Il est encore trop tôt pour répondre à ces questions.

La Fest au stade de l’expérimentation

Car, en effet, seules quelques expérimentations, démarrées pour la plupart fin 2016, ont jusqu’à présent été conduites, impliquant 11 Opca.

L’Opca Transports et services a, par exemple, tenté une expérience avec des agents de propreté volontaires, créant une plateforme numérique utilisable en situation de travail.

Actalians (professions libérales, hospitalisation et enseignement privés) a retenu deux terrains d’observation dans un contexte de « travail à quatre mains » pour mettre au point son modèle de Fest, celui de l’assistant dentaire et celui de l’auxiliaire de vétérinaire qui assure la contention des animaux. « La formation en situation de travail permet dans ces deux cas aux professionnels d’apprendre de façon progressive les bons gestes et de les mettre en œuvre dans des situations nouvelles », indique Jean-Michel Dupont, du MEN-Degesco [1] et de l’Afref. La Fest met aussi en évidence des savoir-faire acquis non listés dans les référentiels de compétences comme la « communication silencieuse » entre le dentiste et son assistant(e).

Enfin, le Fafsea (Opca des salariés de l’agriculture et du monde rural) a lancé une initiative de Fest pour mieux accueillir les nouveaux animaux dans les zoos. Des soigneurs animaliers partent en stage dans un parc rompu à l’accueil des animaux pour apprendre en situation d’immersion avec leurs pairs.

Premier bilan en 2018

En tout, 21 projets arriveront à leur terme fin 2017. Un premier bilan sera livré en 2018. « Pour fonctionner, la Fest doit nécessairement mobiliser des ressources internes. Il faut aussi que l’entreprise sache repérer les bons tuteurs. Ce qui est sûr, c’est que cette formation par les pairs développe la dimension apprenante de l’entreprise », conclut Jean-Michel Dupont.


Centre Inffo, Mireille Broussous

Notes

[1Ministère de l’Éducation nationale, Direction générale de l’enseignement scolaire.