Les dirigeants du Fongecif Paca plaident pour le maintien du paritarisme de gestion




Jeudi 14 septembre 2017, quartier des docks de Marseille au siège du Fongecif Paca. Initialement prévue pour promouvoir le CEP Tour, la conférence de presse de rentrée est recentrée sur une nouvelle urgence : « répondre à Emmanuel Macron sur sa volonté de réforme de la formation professionnelle. »


Autour de Gérard Goron, directeur du Fongecif Paca, René Ancelin, vice-président au titre du Medef et Bernard Montoya, président au titre de la CFE-CGC. Les affiliations ne sont pas toujours rappelées mais si elles l’étaient ce jour, c’était pour bien montrer que le paritarisme fonctionne. Et dès les premiers mots, Bernard Montoya, nouveau président de l’organisme au titre de la présidence tournante, témoigne de vives réactions face à une certaine présentation de la révolution de la formation professionnelle à venir.

Six milliards

Piqué au vif par les critiques formulées à l’encontre du paritarisme, la multiplication des assertions sur l’inefficacité du système de formation et le manque de transparence des acteurs, le Fongecif Paca entend dénoncer ce qu’il perçoit comme une accumulation de « fausses vérités » et « démontrer que les fonds dédiés et les résultats obtenus doivent être analysés avec discernement et intelligence ». À commencer par les « 32 milliards de la formation professionnelle », dont René Ancelin rappelle que seuls 6 sont gérés par les partenaires sociaux et 1 par les Fongecif. Et ce milliard, le vice-président l’estime « bien géré », rappelant l’engagement des Fongecif dans la mise en œuvre du conseil en évolution professionnelle (CEP), du congé individuel de formation (Cif), de la validation des acquis de l’expérience (VAE) ou du bilan de compétences. Est-ce efficace ? « 80 % des bénéficiaires de Cif sont en poste un an après leur sortie de formation et 91 % occupent un nouvel emploi en lien avec la formation » [1], souligne-t-il. Est-ce trop cher ? 15 à 20 000 euros par bénéficiaire, soit un montant similaire au coût annuel d’un demandeur d’emploi, avance le trio.

Pour un service public de l’accompagnement

Au-delà, Gérard Goron mentionne aussi le rôle des Fongecif dans l’adaptation des parcours, source de baisse des coûts de la formation. Et à l’heure où le gouvernement pourrait être tenté de plaider la désintermédiation, alerte sur le potentiel désarroi des individus sommés de s’auto-orienter face à 80 000 organismes de formation. Car, il insiste, le Fongecif joue un rôle essentiel en matière d’accompagnement, encore renforcé depuis la mise en œuvre du CEP. À cet égard, il souligne sa crainte de voir dévoyer la prestation de conseil en évolution professionnelle, si celle-ci venait à être privatisée pour faire face à la massification des besoins. Évoquant aussi l’absence de solvabilité d’une partie des publics reçus au Fongecif, il replace les enjeux au cœur du débat sociétal : « ne pouvons-nous accepter que c’est au collectif de prendre en charge cet accompagnement ? »

Esquissant en conclusion une piste pour l’avenir en cas de privatisation du CEP, René Ancelin évoque pour les Fongecif un possible rôle de référenceur des prestataires. « Nous l’avons bien fait pour le bilan de compétences... » , acquiesce Gérard Goron.


Centre Inffo, Nicolas Deguerry

Notes

[1Données de l’Observatoire des transitions professionnelles.