Les Fongecif face au défi de la réforme




« On se sait “ challengés ”et on n’a pas peur ! » C’est avec une attitude résolument positive que Gérard Goron, directeur du Fongecif Provence-Alpes Côte d’Azur, accueille la réforme telle qu’annoncée par Muriel Pénicaud le 5 mars. Et qu’il s’agisse du CPF de transition professionnelle ou du nouveau conseil en évolution professionnelle, il passe en revue les atouts de son réseau.


« C’est évident, une transformation profonde est en train de s’opérer ». Gérard Goron le reconnaît sans ambages, les Fongecif vont devoir « exercer leur métier d’une manière différente », avec une évolution renforcée de leurs missions vers l’accompagnement. Mais cette nouvelle donne, le directeur du Fongecif Paca souligne l’avoir anticipé. La preuve ? « Nous sommes sur le point de signer un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), auquel nous travaillons depuis deux ans », annonce-t-il. Manière de signifier que son organisation a bien compris que le « financement des formations n’était qu’un avatar de l’accompagnement »

Prêt pour le CEP 2018

Et plutôt que de s’en tenir à regretter le congé individuel de formation, Gérard Goron insiste sur la capacité des Fongecif à s’emparer du compte personnel de formation (CPF) de transition professionnelle, dont il souligne l’articulation avec le nouveau conseil en évolution professionnelle. Convaincu de la valeur de l’expertise développée par les fonds de gestion dans le cadre du CEP, version loi de 2014, il souligne que sa nouvelle configuration, avec un deuxième et dernier niveau intégrant désormais l’ingénierie financière, constitue un véritable atout comparatif pour eux. Saluant la création d’un financement spécifique pour le CEP, « une véritable avancée », il se dit prêt à répondre aux appels d’offres du CEP version loi de 2018, pourquoi pas en s’associant avec d’autres opérateurs.

Organisation nationale

Mais pour jouer pleinement leur rôle, Gérard Goron sait aussi que les Fongecif doivent « rapidement réfléchir à une organisation nationale ». D’autant plus que l‘émergence de France compétences, risque bien de les priver d’une animation jusqu’ici assurée par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP). Conscient de la profondeur des changements à venir, il n’en demeure pas moins résolument optimiste : « on voit bien que tout le monde est “ challengé ” dans une profonde transformation mais si vous pensez que vous êtes bon, vous pouvez y aller, il suffit de le démontrer ! »


Nicolas Deguerry, Centre Inffo