Opcalia a anticipé la réforme de la formation professionnelle (nouvelle présidence de l’Opca)




À la tête du conseil d’administration paritaire d’Opcalia [1] depuis le 28 juin dernier, Eric Depond (Medef), président, et Yannick Ghoris (CFDT), vice-président, s’expriment sur la réforme « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » et de son impact sur les organismes paritaires collecteurs agréés (Opca), appelés à devenir opérateurs de compétences (Opco).


Le Quotidien de la formation - Que pensez-vous de la réforme de la formation professionnelle et de son impact sur les Opca ?

Eric Depond (Medef) - Nous nous réjouissons de voir les branches professionnelles confortées dans leur rôle central dans le paysage de la formation, notamment s’agissant du pilotage de l’apprentissage, voie royale vers l’emploi durable.

Yannick Ghoris (CFDT) - La réforme sur le point d’être votée fait la part belle à l’autonomisation de l’individu dans la formation tout au long de la vie. Mais n’oublions pas que nous ne sommes pas tous égaux devant l’acte pédagogique. Je pense aux moins qualifiés qui ont besoin d’être davantage accompagnés dans leur évolution professionnelle ou aux TPE qui disposent de moins de ressources internes pour construire des politiques de formation.

QDF - Comment cette réforme va-t-elle impacter Opcalia ?

E. D. - Le transfert de la collecte des fonds formation vers l’Urssaf au 1er janvier 2020 représente une évolution notable. Mais cela ne change pas fondamentalement la donne pour les Opca. La collecte a toujours représenté pour nous une activité saisonnière.

Y. G. - Cette réforme clarifie et rend grâce aux Opca qui n’ont pas attendu d’y être contraints pour lisser et définir leur offre de services. Nous avons introduit depuis plusieurs années de nombreuses innovations dans notre offre à destination des entreprises et branches adhérentes : observatoires, alternance, construction de politiques de formation sur mesure…

QDF - Comment Opcalia va-t-il gérer les éventuelles conséquences sociales internes de cette réforme ?

E. D. - Nous abordons cette réforme avec confiance et sérénité. Comme l’a démontré l’étude Goodwill réalisée il y a un an, 1 euro investi par Opcalia rapporte 5,30 euros à la collectivité. Par ailleurs, nous jouissons d’une santé économique robuste qui nous préserve d’éventuels tumultes liés à la réorganisation à venir dans l’univers des opérateurs de compétences.

Y. G. - La perte de la collecte ne va pas induire des conséquences sociales majeures. Cette activité n’a jamais occupé une place centrale dans notre organisation interne. Nous saurons absorber sans difficulté les transformations à venir et la redéfinition du rôle des Opca. En termes de fonds gérés, nous pourrions être amenés à en gérer plus qu’aujourd’hui. Par ailleurs, notre responsabilité sera pleine et entière sur l’alternance.

QDF - Envisagez-vous de fusionner avec Agefos-PME, l’autre Opca interprofessionnel ?

E. D. - Le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de proposer des solutions de rapprochement d’ici au 31 octobre 2018. Nous nous inscrivons dans ce calendrier

Y. G. - Au sein des Opca, si des rapprochements doivent s’effectuer, ils devront concourir à l’intérêt des branches, de leurs entreprises et de leurs salariés. Nous y travaillons actuellement les uns les autres dans un esprit bienveillant, afin de faire connaître le moment venu nos desiderata qui devront reposer sur le consentement mutuel des acteurs.


Centre Inffo, Éric Delon

Notes

[1Opca de branches, Opcalia est aussi l’un des deux Opca interprofessionnels agréés.