Opcalia expérimente un dispositif cousu main pour les départements d’outre mer




Former en métropole des bouchers avec une POEC [1] adaptée, avant un contrat de professionnalisation dans les départements d’outre mer, pour favoriser la garantie de l’emploi territorial, tel est le défi d’une expérimentation menée par Opcalia, suite à un accord de partenariat avec le ministère des Outre-Mer, signé en février 2017. Cette expérimentation est permise par l’article 60 de la loi Égalité réelle outre-mer [2], adoptée par le Parlement le 14 février 2017 qui devrait bénéficier à deux cents Ultramarins.


Constatant que le catalogue de formations sur le territoire local ne couvrait pas tous les besoins des entreprises et de qualifications, que l’investissement pour former quelques participants dans les DOM était rédhibitoire et que ceux formés en métropole tendaient à y rester après leur formation, Opcalia a créé ce dispositif particulier, soumis à la Direction générale des outre-mer. Il s’agit selon Nathalie Saumon, responsable Alternance Hexagone et DOM au sein d’Opcalia, d’un « parcours global, à l’avant-garde des objectifs de la réforme actuelle, qui allie démarche de professionnalisation et de qualification adaptées aux spécificités des entreprises, des territoires, des candidats et des secteurs d’activité ».

POEC en métropole

Pour la première session de formation de bouchers en grande distribution, onze personnes de la région Antilles-Guyane sont arrivées en métropole le 16 février dernier, après une mise en situation en milieu professionnel (PMSP) d’un mois pour valider le projet, côté candidat, et sécuriser la future relation, côté employeur. À la Maison familiale et rurale du Fontanil (Savoie), une préparation opérationnelle à l’emploi de 400 heures les prépare au métier de boucher, adapté aux spécificités culturelles domiennes (découpe de cabri, par exemple), avant leur retour dans les DOM pour un contrat de professionnalisation de six à douze mois (avec 150 heures de formation minimum).

De la PMSP à la validation finale, un référent pédagogique accompagne l’apprenant, l’entreprise et le tuteur. Grâce à l’Agence de l’outre-mer pour la mobilité (Ladom), le transport est pris en charge, et l’hébergement assuré par l’organisme de formation. De nombreux partenaires encadrent le projet : Pôle emploi, Missions locales et le service militaire adapté (SMA)) pour le sourcing des candidats, la DGOM assurant un comité de pilotage avec Opcalia pour valider l’expérimentation, « avec un objectif de retour sur investissement, c’est-à-dire d’intégration dans l’emploi sur le territoire domien », précise Nathalie Saumon.

Opcalia et les DOM

Opcalia représente 50 % des contrats de professionnalisation dans les DOM, souligne-t-elle. L’Opca dispose d’une représentation territoriale sur chacun d’eux et accompagne certaines communautés d’outre-mer (Saint-Pierre-et-Miquelon et Nouvelle-Calédonie). « Peu d’Opca sont présents dans les DOM en raison de l’amendement Peretti, qui impose une certaine collecte et une implantation territoriale. De fait, notre périmètre d’intervention sectoriel est plus étendu qu’en métropole », ajoute Nathalie Saumon. Ce dispositif pourrait être étendu à une dizaine de qualifications (technico-commerciaux pour l’automobile, métiers de l’informatique, de l’hôtellerie-restauration dans le secteur du luxe) répondant aux besoins des entreprises domiennes.


Christelle Destombes, Centre Inffo

Notes

[1Préparation opérationnelle à l’emploi collective.

[2L’article 60 de la loi introduit une expérimentation visant la formation en mobilité avec garantie d’emploi au retour pour l’outre-mer.