Plus d’un salarié sur deux se tournera vers un tiers pour choisir sa formation (Observatoire Cegos)




La réforme de la formation va permettre aux actifs d’être plus autonomes dans l’évolution de leurs compétences professionnelles. Pour autant, plus d’un salarié sur deux (52 %) fera toujours appel à un tiers pour être éclairé dans ses choix de formation, selon un « focus spécial réforme » de l’observatoire du groupe Cegos présenté mardi 26 juin.


Plus de trois salariés sur dix (36 %) interrogés par l’organisme de formation disent qu’ils auront besoin de leur entreprise ou de leur manager pour s’orienter et 18 % envisagent d’utiliser le conseil en évolution professionnelle (CEP). Ils ne sont que 37 % à se sentir « armés » pour choisir seuls la bonne formation. Malgré la liberté qu’il leur sera offerte, « beaucoup de salariés vont continuer à passer par la médiation de l’entreprise », note Mathilde Bourdat, manager de l’offre et de l’expertise formation du groupe Cegos.

Dans leur sélection à partir de l’application mobile qui sera mise en service en 2019, ils seront en premier lieu attentifs aux débouchés de la formation (33 % des répondants). L’avis des personnes ayant suivi la formation sera également important (29 %). Viennent ensuite la réputation de l’organisme (24 %) et le prix de la formation (13 %).

Thésaurisation

Le zoom réalisé par le groupe Cegos montre aussi que 30 % des salariés entendent consommer leur crédit disponible chaque année sur leur compte personnel de formation (CPF). Ils sont plus nombreux (52 %) à vouloir patienter en vue de se constituer un capital plus important. Quant à l’usage qu’ils comptent faire de l’argent disponible, 38 % des salariés interrogés l’utiliseront pour un projet professionnel, 31 % pour un projet personnel et 22 % pour un projet personnel de reconversion professionnelle.

Co-investissement

Les responsables des ressources humaines interrogés dans le cadre de l’observatoire estiment, à une grande majorité (69 %), que les nouvelles dispositions concernant le CPF vont ouvrir un champ de négociation en matière de co-investissement entre l’entreprise et le salarié. Cette négociation se fera dans le cadre d’accords d’entreprise pour 65 % des répondants et de manière individuelle au cas par cas pour 35 % d’entre eux.

L’enquête a eu lieu en avril lors de la présentation de l’avant-projet de loi, avant que ne soient adoptées des mesures concernant les accords d’entreprise. « Ces dispositions ne peuvent que renforcer cette tendance en faveur de la négociation collective », précise Mathilde Bourdat.

Formation en situation de travail

Par ailleurs, l’élargissement de la définition de l’action de formation va faire évoluer les pratiques des entreprises. Si cette nouvelle définition est actée, les responsables des ressources humaines envisagent de développer davantage la formation en situation de travail (citée par 94 % des répondants), les dispositifs informels (87 %) ainsi que la formation à distance ou mixte (76 %).


Estelle Durand, Centre Inffo