Premiers Innov’Trophées : les richesses des 98 dossiers de candidature




Dans le cadre de leur mission nationale de promotion du développement de la formation et de l’orientation, le FPSPP [1] et le Copanef [2], en partenariat avec Centre Inffo, organisent la première édition des Innov’Trophées.


Pour dresser un bilan d’étape de la première édition des Innov’Trophées, le Quotidien de la formation s’est tourné vers Christian Janin, président du jury. Destiné à récompenser l’innovation en formation, l’événement s’inscrit dans une volonté portée par le FPSPP, le Copanef et Centre Inffo de soutenir les porteurs de projets innovants et de valoriser des pratiques, méthodes, outils ou expériences qui s’inscrivent dans le cadre des politiques de formation. Pourquoi est-ce nécessaire ? « Qui n’innove pas reproduit des formes, des contenus et des pratiques qui, manifestement, ne répondent plus aux besoins, ni des salariés et des demandeurs d’emploi ni de l’économie », estime Christian Janin. Ainsi, après avoir développé la qualité de l’offre de formation, les partenaires sociaux voient dans les Innov’Trophées l’occasion d’« activer la construction de nouvelles offres et réponses aux usagers ».

Les trophées seront décernés jeudi 1er février 2018 à Biarritz lors de la 15ème Université d’hiver de la formation professionnelle, dans cinq catégories : alors que les trois premières abordent l’innovation en formation sous l’angle de l’apprenant, de l’entreprise et de l’organisme de formation, la quatrième combine ces trois dimensions à l’échelle de la seule région Nouvelle-Aquitaine, hôte de l’Université d’hiver ; la cinquième et dernière catégorie, portée par Centre Inffo et l’agence Erasmus + France Éducation & Formation, récompense les projets à dimension européenne.

Des innovations plus ou moins transférables

Le décompte officiel fait état d’un total de 98 dossiers de candidature, dont 84 associés aux trois premières catégories. Premier enseignement, les candidatures sont inégalement réparties, avec une majorité de dossiers (52), rattachés à la catégorie des actions présentées par les prestataires de formation. Un résultat, sinon souhaitable, au moins logique, selon Christian Janin qui estime que Centre Inffo et le FPSPP ont globalement atteint leur cible. Ce qui est moins le cas pour les branches professionnelles et les réseaux syndicaux, comme en témoigne le nombre de dossiers plus réduit (14), reçus dans la catégorie Entreprises.

Pour Christian Janin, si tous ont présenté un réel intérêt à l’exception de trois ou quatre dossiers classés « hors sujet », tous ne s’inscrivaient cependant pas dans une dimension suffisamment transversale pour être transférable et généralisable. « Beaucoup de dossiers sont manifestement innovants dans la structure qui les porte, mais pas dans le système », précise-t-il. Filtrés à l’aune de ce critère, ce sont finalement quelques vingt-cinq candidatures qui sont apparues comme potentiellement lauréates.

Poids du numérique

Les Innov’Trophées viennent aussi confirmer une tendance lourde qui associe spontanément innovation et numérique, au point que la dimension technologique n’a pas même constitué un « facteur discriminant » aux yeux du jury, explique Christian Janin. Ce réflexe, qui s’observe dans d’autres champs que celui de la formation, n’est pas critiquable en soi dans la mesure où le numérique est effectivement porteur d’innovation à la faveur des nouveaux usages qu’il génère. Pour autant, Christian Janin ne manque pas de souligner qu’il convient de « s’attacher à vérifier si les outils technologiques et leur mise en œuvre répondent correctement et effectivement aux besoins réels des personnes et de l’économie ».

Par ailleurs, et si l’analyse des dossiers atteste d’un recours massif aux technologies numériques, certaines candidatures n’en témoignent pas moins d’innovations appuyées sur d’autres leviers, ainsi que le suggérait l’article 1 du règlement des Innov’Trophées, selon lequel l’innovation « n’est pas que technologique, mais aussi sociale, organisationnelle et financière ». À cet égard, le deuxième facteur d’innovation est, selon le président du jury, lié aux problématiques d’individualisation et de modularisation des parcours, dans un souci d’adaptation aux publics les plus éloignés de la formation.

Sans dévoiler plus avant les lauréats, qui seront célébrés le 1er février prochain dans le cadre de la 15ème Université d’hiver de la formation professionnelle, conclusion provisoire avec cette appréciation exprimée par Christian Janin : « Les dossiers démontrent que les acteurs du système ont intégré le changement culturel souhaité par les partenaires sociaux dans leur accord national interprofessionnel de décembre 2013, visant à privilégier l’acquisition et la reconnaissance des compétences, y compris dans leur dimension transversale, donc transférable. »


Nicolas Deguerry, Centre Inffo

Notes

[1Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels

[2Comité interprofessionnel pour l’emploi et la formation