Professionnaliser le réseau des Fongecif : la nécessité d’articuler les niveaux « macro » et « micro » (Bruno Bertolli, FPSPP)




Adopter des procédures et des référentiels communs dans un réseau est loin d’être simple. L’amphi-débat de l’Université ouverte des compétences du 17 octobre examinait le cas du réseau des Fongecif. Créés en 1983, les Fongecif sont au nombre de 17 depuis le 1er janvier 2017. Ils ont pour mission de gérer le Cif (Congé individuel de formation), le CBC (Congé bilan de compétences) et le congé VAE (Validation des acquis de L’expérience) dans le cadre de la formation continue.


Invité principal, Bruno Bertolli, chef de projet du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), tête de réseau des Fongecif, a la charge, depuis 15 ans, de sa professionnalisation. Le réseau, qui accueille 160 000 personnes chaque année, compte aujourd’hui 500 collaborateurs en plus des administrateurs désignés par les organisations représentatives des salariés et des employeurs.

Qualité de service équivalente

Objectif principal du chef de projet lorsqu’il a entamé sa mission : obtenir que le service délivré par les professionnels du réseau atteigne un niveau de qualité homogène sur l’ensemble du territoire. « La compétence collective devait être la plus élevée possible. Dans un réseau, chaque entité possède plus d’une marge de manœuvre. Embarquer tout le monde dans un processus commun de professionnalisation n’était pas une mince affaire  », se souvient-il.

Première étape : la généralisation, à la fin des années 90, d’un service de conseil aux personnes, à travers le métier pivot de conseil en transition professionnelle, qui représente aujourd’hui 50 % de l’effectif actuel. Une véritable révolution culturelle, alors qu’auparavant les Fongecif se « contentaient », d’informer les salariés sur ce dispositif et de financer les Cif.

Référentiel métier

« Ce métier est difficile à exercer. Les conseiller-ères, travaillent avec des personnes, pas avec des dossiers, rappelle Bruno Bertolli. L’application de procédures, aussi bien élaborées soient-elles, ne garantit en rien la qualité du service rendu. C’est un métier où le service est rendu de personne à personne. Et chaque cas est particulier. Il a fallu mettre en place un référentiel métier ». Selon le chef de projet FPSPP, la qualité d’un réseau c’est aussi la qualité de l’organisation qui supporte les professionnels au travail, et ce dans chaque entité territoriale du réseau. « Professionnaliser des personnes dans un réseau ce n’est pas le seul niveau pertinent pour agir, souligne-t-il. Il a fallu articuler le niveau « macro » de organisation du réseau, la qualité du management opérationnel et la dimension « micro » dudit réseau, à savoir la qualité des gestes professionnels de celles et ceux qui rendent le service aux usagers  ».

Organisation du travail

Selon Bruno Bertolli, former les conseillers ne fût pas suffisant. Il fallut également transformer et adapter les structures, notamment dans l’organisation du travail : création de services distincts et d’encadrement intermédiaire, nouvelles répartitions des tâches, réorganisation de l’accueil. « Paradoxalement l’hétérogénéité des situations locales a représenté un levier fécond de progrès dans la professionnalisation  », conclut-il.


Eric Delon, Centre Inffo