Projets de décrets : la CFDT formule des propositions pour le CPF de transition




Les deux projets de décrets portant sur le CPF de transition professionnelle, examinés au Cnefop [1] mardi 20 novembre, ont suscité une série de propositions de la part de la CFDT. L’organisation syndicale a identifié des points positifs et fait état de dispositions problématiques ou de mesures à améliorer.


Négocier

Ce repositionnement à marche forcée représente un enjeu crucial pour les organisations syndicales. «  Aujourd’hui, la formation est un sujet d’emploi. Les organisations syndicales doivent s’en saisir  », martèle Pierre Ferracci. Même si des avancées ont été réalisées en matière de formation et de gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC) dans le champ des accords collectifs, l’expert du dialogue social se dit inquiet. Pour le moment, les partenaires sociaux concentrent leur énergie à la mise en œuvre de la réforme du Code du travail par ordonnances et à la réorganisation des instances du personnel. Par ailleurs, « La remise en question de l’intermédiation déstabilise les forces syndicales au moment où on les attend dans les entreprises ». Pourtant, Pierre Ferracci insiste sur l’urgence de mettre à l’agenda des négociations le plan de développement des compétences comme le permet désormais la loi. Selon lui, la transformation nécessaire du dialogue social ne peut plus attendre. L’année 2019 devra engager une nouvelle dynamique dans les entreprises et dans les branches.

Accompagner les actifs

Le président du groupe Alpha porte un autre sujet critique pour la réussite de la réforme. «  On ne peut pas parler de formation sans parler d’orientation et d’accompagnement. Il y a des publics qui en ont besoin . » Il faut notamment se montrer vigilant sur le déploiement du Conseil en évolution professionnel (CEP). Les outils et les compétences développés par les Fongecif devraient y trouver leur place. Les dispositions des appels d’offres du CEP en cours de discussion seront, à ses yeux, déterminantes. Pierre Ferracci voit également dans l’accompagnement des salariés une opportunité à saisir pour le syndicalisme. « Face à une logique d’individualisation, il faut se donner les moyens d’un cadre collectif  ». Ce fin connaisseur du paritarisme ne sous-estime pas les transformations à mener ni leur urgence mais y voit l’occasion d’insuffler un second souffle au dialogue social.


Catherine Trocquemé, Centre Inffo

Notes

[1Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles