Réactions de la CFDT suite à l’adoption définitive du projet de loi « Avenir professionnel »




Yvan Ricordeau, secrétaire national CFDT en charge du volet formation professionnelle, a réagi dès l’adoption définitive du projet de loi. Il rappelle que la CFDT s’est fortement mobilisée « pour porter les avancées négociées par les partenaires sociaux et construire des cadres collectifs favorisant l’accès aux droits individuels à la formation professionnelle ». (voir l’Accord national interprofessionnel signé le 22 février 2018).

Malgré certaines améliorations notamment sur l’alternance, il alerte sur le risque d’une baisse des droits à la formation. Concernant l’égalité hommes-femmes, Béatrice Lestic, secrétaire nationale CFDT chargée de l’égalité professionnelle, a indiqué dans un communiqué que les mesures adoptées «  sont des avancées importantes » et insiste sur l’obligation de résultat et de contrôle des entreprises.


Une société de compétences

Pour Yvan Ricordeau, la construction d’une société de compétences passe par la mise en place “de cadres collectifs favorisant l’accès aux droits individuels à la formation professionnelle.”

Il rappelle que la CFDT s’est continuellement mise en mouvement pour obtenir davantage de droits et d’accompagnement pour les individus avec par exemple :

  • « le financement du conseil en évolution professionnelle (CEP) pour garantir un accompagnement pour tous » ;
  • la création du compte personnel de transition en remplacement du congé individuel de formation (CIF) pour des projets de reconversion ;
  • « une approche plus territoriale de l’organisation de la sécurisation des parcours professionnels ».

Des droits hyper individualisés et monétisés

Le secrétaire national signale que les options prises par le gouvernement “ confondent pouvoir d’achat et pouvoir d’agir des salariés”. Selon lui, [Cette loi] repose ainsi sur des droits hyper individualisés, monétisés et accessibles par une application numérique, au nom du principe de « désintermédiation”.
La CFDT pointe « le risque d’une baisse effective du CPF transformé en euros et la fragilisation des passerelles entre les travailleurs du public, avec un CPF en heures, et du privé, avec un CPF en euros… ».

L’alternance

Point positif de cette réforme : l’alternance, qui est pour la CFDT “la pédagogie la plus pertinente pour les salariés en situation de travail, pour les demandeurs d’emploi, comme pour les jeunes en formation initiale ou en insertion professionnelle“.

L’égalité hommes-femmes

Concernant le volet égalité hommes-femmes de la loi « Avenir professionnel », Béatrice Lestic, secrétaire nationale CFDT, spécialiste de cette question a également réagi dans un autre communiqué.

Elle rappelle que « les dispositions adoptées relatives à l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes s’inscrivent dans la continuité des travaux de concertation menés avec les organisations syndicales et patronales depuis mars 2018 ».

Pour Béatrice Lestic, la réussite de cette réforme passe par la création d’un outil de mesure qui est essentiel pour une mise en oeuvre opérationnelle « Maintenant que la loi est adoptée, cet outil doit être disponible pour les entreprises dès la rentrée de septembre. »

Une réforme réussie sous certaines conditions

Enfin, pour la CFDT, c’est la « mobilisation de tous les acteurs (…) qui conditionne le succès d’une réforme ». « Au-delà de la loi, il reste donc de la responsabilité du gouvernement de créer les conditions d’une telle dynamique ».


Soraya Souna, Centre Inffo