Réforme de la formation : l’évolution du CPF et la réorganisation des branches professionnelles interrogent l’ANFA




En tant qu’organisme paritaire collecteur agréé (Opca), l’Association nationale pour la formation automobile (ANFA) a suivi la présentation des grands axes de la réforme de la formation professionnelle avec attention. À l’occasion du lancement de la Semaine des services de l’automobile et de la mobilité, l’association a exprimé ses interrogations sur plusieurs sujets, dont l’évolution du compte personnel de formation (CPF).


Celui-ci sera alimenté en euros et non plus en heures et permettra aux actifs d’accéder plus facilement à une formation, grâce à une application mobile.

Accélérer le processus de formation

« Ce que nous souhaitons, c’est garder une possibilité de co-investissement par accord de branche ou d’entreprise », indique Patrice Omnes, directeur général de l’ANFA. Selon lui, un crédit de 5 000 euros au bout de dix ans ne permettra pas à un salarié de financer un certificat de qualification professionnelle (CQP) dont le tarif est de l’ordre de 7 000 euros dans la branche. « N’empêchons pas les branches qui le souhaitent d’accélérer le processus afin que le salarié obtienne plus vite un CQP », précise Patrice Omnes.

Depuis l’entrée en vigueur du CPF en 2015, 10 000 formations ont été enclenchées dans la branche par le biais de ce dispositif, en majorité sur le temps de travail et souvent en vue d’obtenir un certificat de qualification professionnelle (CQP). Si l’ANFA a atteint un tel résultat c’est parce que la branche a mis en place un système d’abondement et parce que les entreprises ont informé et accompagné les salariés, selon Virginie de Pierrepont, la présidente.

Une approche métiers pour les filières

L’ANFA s’interroge par ailleurs sur la réorganisation des branches professionnelles en filières auxquelles seront adossés les futurs opérateurs de compétences, appelés à remplacer les Opca. La branche réunit aujourd’hui les métiers qui interviennent sur les véhicules après leur sortie d’usine (vente, réparation, etc.). Avec 400 000 salariés, les services automobiles constituent la septième branche en termes d’emploi, une filière en soi, selon l’ANFA.

L’association n’est pas favorable à la création d’une grande filière économique de l’automobile qui réunirait les industriels (constructeurs et équipementiers) et les entreprises intervenant en aval. « Nos métiers n’ont rien à voir avec ceux de la construction », indique Patrice Omnes. Si le périmètre de la branche doit évoluer c’est dans une logique de « cohérences en termes de métiers et de qualifications », soutient l’ANFA. Ce qui signifierait se rapprocher d’autres secteurs de la maintenance, de la vente et plus généralement des services en automobile.

L’association s’interroge aussi sur le projet de confier la collecte de la formation professionnelle aux Urssaf. Avec ce système, « on passe d’une notion d’investissement en formation à une notion de charge sociale », estime Patrice Omnes. Une logique qui, selon lui, déresponsabilise l’entreprise et l’opérateur de compétences.


Estelle Durand, Centre Inffo