Réforme formation : La CGT défend une vision de la formation affranchie des seuls besoins des entreprises et du marché de l’emploi




Seule confédération syndicale à ne pas avoir signé l’accord national interprofessionnel du 22 février 2018, la CGT a réaffirmé devant la commission des affaire sociales (Assemblée nationale, 23 mai), son désaccord avec les orientations générales du projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Son représentant, David Meyer, a aussi souligné que son organisation ne s’en investira pas moins dans l’élaboration du projet de loi.


Sur bien des points égrenés par David Meyer devant la commission des affaires sociales, la CGT est apparue en résonance avec l’intervention des autres organisations syndicales (voir notre article). Ainsi, le premier point soulevé par David Meyer exprime une inquiétude et même, une franche opposition à la « logique d’individualisation » portée par le projet de loi, « poussée à son extrême avec la monétisation du compte personnel de formation (CPF) ».

Ce que met en avant la CGT, c’est aussi un « affaiblissement des droits collectifs des salariés, tant en matière de mutualisation des fonds de la formation, qu’en matière de définition des politiques de formation ». David Meyer en est convaincu, « la baisse des obligations de financement de la formation des entreprises [...] va se traduire par une baisse immédiate des dépenses de formation d’une partie d’entre-elles. » Là encore en accord avec les organisations signataires, il affiche ensuite comme « facteur bloquant », la suppression du congé individuel de formation (Cif), « pourtant reconnu pour son efficacité et connu des salariés. »

De façon plus générale, le représentant de la CGT se dit enfin « dubitatif » devant la définition de l’action de formation, qu’il juge « réductrice » et désormais « uniquement liée à son ambition professionnalisante ». Au contraire, estime-t-il, « la formation professionnelle doit aussi permettre d’acquérir des connaissances générales et non pas uniquement des connaissances adaptées aux besoins des entreprises et du marché de l’emploi. »


Nicolas Deguerry, Centre Inffo