Report de l’annonce d’un big bang de la formation par Muriel Pénicaud, la CFDT et la CFTC signent l’accord national interprofessionnel




Le cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud a annoncé lundi 26 février le report des annonces relatives à un big bang de la formation, initialement prévues ce mardi 27 février. Lundi 26 février après-midi, la CFDT puis la CFTC ont annoncé qu’elles signaient [l’accord national interprofessionnel sur la formation professionnelle.


C’est la deuxième organisation syndicale à se prononcer en faveur du texte validé par les partenaires sociaux, jeudi 22 février. FO avait déjà fait part, vendredi 23 février, de sa décision de signer l’accord.

Davantage de droits pour les salariés

Pour la CFDT, l’accord national interprofessionnel « pour l’accompagnement des évolutions professionnelles, l’investissement dans les compétences et le développement de l’alternance » fait progresser les droits des salariés sur plusieurs points.

L’organisation syndicale met ainsi en avant le financement du conseil en évolution professionnelle, l’augmentation du crédit d’heures allouées à chaque salarié via son compte personnel de formation (CPF) ainsi que le maintien d’un droit à la reconversion intégrée dans le CPF.

Simplifier mais pas casser

Alors que la ministre du Travail doit présenter prochainement les orientations du volet formation professionnelle de la réforme à venir, la CFDT demande que les dispositions de l’accord, favorables à la sécurisation du parcours des salariés, soient reprises dans le projet de loi.

Face à la volonté du gouvernement de simplifier le système existant comme l’a évoqué la ministre du Travail sur CNews, jeudi 22 février, la CFDT « alerte sur la tentation d’un big-bang ». Une simplification à outrance pourrait conduire in fine à un nivellement des droits des salariés par le bas, expliquait Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT à l’issue de l’ultime séance de négociation.

La CFDT rappelle que les partenaires sociaux s’emploient « avec responsabilité » à moderniser la gouvernance du système de formation. L’organisation syndicale se dit prête « à aller encore plus loin dans ce sens, mais pas à tout casser, au risque d’une régression du droit des personnes, en particulier les plus fragiles au regard de l’emploi. »

Un peu plus tard dans l’après-midi, la CFTC a annoncé à son tour qu’elle signait l’ANI.

Lisible

« Le projet d’ANI propose de mettre en place un CPF (compte personnel de formation) lisible et rénové, le CIF y est intégré et devient le CPF transitions professionnelles », se félicite la confédération chrétienne dans un communiqué.

Par ailleurs, « le plafond et l’alimentation du CPF ont été revus à la hausse. Ainsi, l’accord prévoit que le CPF soit alimenté de 35 heures par an (contre 24 actuellement) avec un plafond de 400 heures (150 aujourd’hui). Mieux, pour les personnes peu qualifiées l’alimentation du compte est portée à 55 heures par an, avec plafond de 550 heures  », se réjouit la CFTC.

Montée en puissance du CPF

Pour la CFTC, « c’est donc à une véritable montée en puissance du CPF à laquelle on assiste ».

Les évolutions du conseil en évolution professionnelle (CEP) prévues par l’accord constituent également « de réelles avancées sociales » pour la CFTC. En effet, la négociation a permis de dégager un financement dédié au conseil en évolution professionnelle (CEP). Ce dispositif, gratuit pour les bénéficiaires – un point sur lequel ont insisté les organisations syndicales - bénéficiera d’une enveloppe correspondant à 2,75 % du total des sommes collectées, soit un montant avoisinant les 250 millions d’euros.

Accompagnement universel

« Grâce à ce nouveau CEP, les salariés acquièrent enfin un droit à l’accompagnement universel et gratuit  », souligne la confédération.


Estelle Durand et David Garcia, Centre Inffo