UHFP - Agilité, adaptabilité et coopération, les clés d’un accompagnement éclairé en régions




Fournisseurs d’information sur la formation, territoires et institutions cherchent des solutions agiles pour accompagner les projets d’évolutions professionnelles. Réunis autour d’une table lors de l’Université d’hiver de la formation professionnelle jeudi 1er février à Biarritz, ils ont fait part de leurs pratiques et des outils mis au point dans leurs structures.


Diversité des situations

La mise en place du CEP (conseil en évolution professionnelle) a donné lieu à des changements profonds dans les pratiques du Fongecif Nouvelle-Aquitaine. Philippe Berneau, son responsable mission conseil, a décrit comment, pour répondre au cahier des charges, l’équipe a isolé, d’une part, les cinq préoccupations et demandes récurrentes chez les usagers, et de l’autre, l’offre de service du Fongecif pouvant y répondre, soit six actions baptisées « coups de main ». « L’agilité, c’est la capacité que l’on a, individuellement et réseau par réseau, à pouvoir faire face à une diversité de situations et de préoccupations exprimées et, en même temps, à apporter des services qui soient singuliers et adaptés à chacune des personnes », a-t-il expliqué. « Être agile c’est arriver à faire face à tout cela. Mais seul, on n’y arrive pas. Si on ne coopère pas, si on ne sort pas des silos, on n’arrivera pas à faire face à cette complexité. »

Orientation numérique

La coopération a bien été au cœur de la construction d’un outil d’aide à l’orientation numérique appelé Cléor en Bretagne, Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-Comté, et Cléo en Pays de la Loire, par trois Régions préfiguratrices du service public régional de l’orientation (SPRO) [1]. Pour redimensionner leur service public régional d’orientation tout au long de la vie en prenant en compte les modalités d’accès, les usages et les attentes des publics, les trois Régions limitrophes ont travaillé ensemble. « Plutôt que de faire l’étude chacun de notre côté, nous avons saisi nos Carif-Oref, l’un d’eux a pris le pilotage de l’étude dont le maître-mot était de placer les usagers au cœur du nouveau service », a retracé Martine Brodard, directrice des politiques d’orientation et de formation Centre-Val de Loire.

L’union fait la force

L’arrivée du CEP en Bourgogne-Franche-Comté a incité les acteurs locaux à se mobiliser, a indiqué Muriel Verges, présidente de la commission apprentissage et formation professionnelle - sanitaire et social - lycées - enseignement supérieur et recherche de la Région. « Il fallait réfléchir à comment aborder ce nouveau métier, car tout le monde avait l’impression de faire de l’orientation et de l’évolution des parcours sans le savoir », analyse-t-elle. L’idée d’une communauté de pratiques a fait surface et la Bourgogne a fait partie des Régions pilotes du projet Comcep.

Comcep

Portée par Centre Inffo, l’Université ouverte des compétences (UODC) et les Carif-Oref, Comcep, cette plateforme Internet, uniquement accessible aux intervenants en conseil en évolution professionnelle (CEP), quelle que soit leur structure (Pôle emploi, Opacif, Apec, Missions locles, Cap emploi), est une communauté digitale qui permet aux praticiens de l’orientation d’échanger leurs pratiques, des outils et des compétences transverses à des fins de professionnalisation. Elle héberge un forum communautaire où les professionnels peuvent échanger leurs pratiques, inviter des experts et obtenir des réponses à leurs questions. « Rapidement on s’est aperçu que cela fonctionnait. Il y avait un besoin, cela permettait de réagir, d’avoir des informations entre pairs, ce qui est important », analyse-t-elle. Surtout, pour la résolution des problèmes, le forum permet une réactivité bienveillante, a complété Jean Besançon, directeur de l’UODC. « Dans la Comcep, il y a 600 professionnels. Quand ils se posent des questions de métier, ils veulent vite avoir la réponse au problème qu’ils ont à ce moment. Il y a des gens de Pôle emploi, de l’Apec, des Missions locales, du Fongecif ou de Cap emploi. Autant d’institutions où cela ne se passe pas forcément bien au niveau national, mais là il y a une bienveillance pour s’aider. »

Dis-moi quel métier

L’outil Métafor élaboré par l’Observatoire Provence-Alpes-Côte d’Azur est parti d’une « frustration », a confié Céline Gasquet, sa directrice. Celle de donner une information théorique qui ne reflète pas la réalité. « Nous savons que dans la vraie vie on n’exerce pas forcément le métier pour lequel on a été formé. » Métafor renseigne les métiers visés par une formation, mais aussi les métiers exercés par ceux qui, en Paca, l’ont suivie. Par exemple, seulement 35 % des personnes qui ont suivi une formation dans la vente exercent réellement un métier en lien avec la formation. « On peut donc entrer par le métier ou la formation, avoir tous les débouchés possibles de celle-ci, disposer des informations sur les taux et les conditions d’emploi et regarder, de façon symétrique, toutes les formations qui vont venir alimenter un métier », a-t-elle détaillé.


Cléor, pour Clés pour l’évolution et l’orientation en région, comment ça marche ? Destiné au grand public, le site s’est justement affranchi de l’entrée par public pour aider tout un chacun dans les choix d’orientation professionnelle quels que soit son sexe, son âge ou son statut. Il propose des approches variées par formation, métier, compétences ou même centres d’intérêt. À tout moment on peut cliquer pour connaître le conseiller orientation le plus proche. Outre la description du métier ou de la branche d’activité, le site propose des chiffres et statistiques, agrémentés d’un soleil ou d’un nuage selon les perspectives d’embauche à la clé, la liste des entreprises autour de son lieu de recherche, les formations (initiale ou continue) existantes, les offres d’emploi et même les moyens pour s’y rendre.



Centre Inffo, Béatrice Delamer

Notes

[1Bourgogne-Franche-Comté utilise l’outil mais n’a pas fait partie des Régions préfiguratrices, au nombre de huit désignées pour mettre en place le SPRO sur leurs territoires à l’automne 2013 avant la généralisation du dispositif au 1er janvier 2015.