UHFPE - Comment organiser la démarche qualité sur le marché de la formation ?




Ouverture jeudi 1er Février à 14 heures de la première édition de l’UHFP Entreprise à Biarritz avec un plateau débat autour d’un sujet clé pour les entreprises. Sur un marché de près de 75 000 organismes de formation, comment choisir son prestataire et s’assurer de la qualité de la formation dispensée ? Sur quels critères ?

« Pour les entreprises, il est complexe de se repérer entre la déclaration d’activité, seule condition réglementaire à remplir pour un organisme de formation, les certifications, les labels, et le nouvel outil Datadock auquel elles n’ont pas directement accès » , pose en préambule Aurélie Maurize, juriste-consultante à Centre Inffo et animatrice du débat.


Deux marchés

Pour décrypter ces enjeux liés à la libéralisation du marché et aux évolutions des pratiques de formation dans les entreprises, l’UHFP Entreprise avait invité Stéphane Rémy, adjoint au sous-directeur des politiques de formation et de contrôle au sein de la Direction générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), Cyril Parlant, avocat chez Fidal et Françoise Lannezval, responsable ingénierie financière et veille réglementaire de Suez Groupe. La réforme de 2014, en supprimant l’obligation fiscale des entreprises, a accéléré la libéralisation du marché et a introduit une démarche qualité dans l’achat des formations sur les fonds mutualisés avec la mise en œuvre du Datadock, une base de données des organismes de formation qui respectent des critères qualité déterminés. « Le marché est totalement libre pour les entreprises mais il est réglementé quand elles font appel à des fonds mutualisés d’intérêt général. Datadock conçu en commun par les Opca répond à une nouvelle logique qualité. Cet outil n’a pas une vocation grand public mais doit permettre aux financeurs publics de référencer des organismes de formation dans leur catalogue », explique Stéphane Rémy.

L’audit, prochaine étape du Datadock

Pour être référencés, les organismes de formation (OF) doivent en effet respecter 6 critères liés notamment aux moyens dont elles disposent mais aussi à l’offre de parcours, à des exigences de transparence ou encore à celle de la formation continue de leurs formateurs. Aujourd’hui, sur 53 150 OF enregistrés dans le Datadock, près de 32 000 ont déjà montré leur comptabilité avec le référentiel, y compris de petits OF. « C’est une première étape importante pour renforcer la démarche de professionnalisation et de qualité des organismes de formation. Demain, il nous faut développer l’audit et le contrôle », déclare Stéphane Rémy. Mais, comme cela été relevé à plusieurs reprises au cours du débat, le Datadock ne s’adresse par aux entreprises et ne garantit donc pas la qualité de l’achat de formation dont elles sont seules la responsabilité.

Un accord cadre chez Suez

Certaines entreprises ont mis en place des process d’évaluation, de référencement et de contrôle de leurs prestataires organismes de formation. C’est le cas du groupe Suez. « Il y a trois ans nous avons signé un accord cadre pour l’ensemble du groupe. Il s’agissait de mutualiser et d’harmoniser le référentiel de notre référencement. Aujourd’hui, ce catalogue couvre 80 % de notre achat formation  », détaille Françoise Lannezval qui ajoute un point crucial, « nous y associons le contrôle de la qualité des formations dispensées en évaluant et en échangeant dans l’ensemble du groupe sur les résultats obtenus . Par ailleurs, le groupe Suez attache une attention particulière à la certification comme critère de référencement. « Dans notre cahier des charges à destination des prestataires organismes de formation, il existe une clause de certification à l’Inventaire ou au répertoire national des certifications professionnelles. Nous aidons, si besoin, les organismes de formation dans cette démarche », ajoute Françoise Lannezval.

Comment évaluer ?

L’évolution rapide des pratiques de formation, qu’elles soient informelles, qu’elles s’appuient sur les nouvelles technologies ou qu’elles s’inscrivent de plus en plus dans des formations-actions et en situation de travail pose un enjeu fort en terme de qualité. La question reste ouverte et touche à la définition même de l’action de formation. Les entreprises innovent pour s’adapter à ces nouvelles formes d’apprentissage. Le groupe Suez a mis à disposition de ses managers une mallette pédagogique. De nouvelles compétences à transmettre se développent ainsi sans que cela ne s’inscrive forcément dans le cadre de la formation telle qu’elle est aujourd’hui appréhendée. «  On observe une nouvelle libéralisation de l’action de formation. Le seul vrai critère de qualité d’une formation ne devrait-il pas se concentrer sur le niveau d’employabilité de l’individu », propose Cyril Parlant. Sur le marché réglementé des formations financées sur les fonds mutualisés, le travail sur la qualité va donc se poursuivre en s’appuyant sur des outils comme Datadock et sur un accompagnement renforcé des Opca. Les entreprises associent, quant à elles, de plus en plus la qualité de leurs actions de formation à leur responsabilité sociale.


Centre Inffo, Catherine Trocquemé