UHFPE - Vers une transformation des certifications professionnelles




Lors du plateau débat organisé par l’UHFP Entreprise vendredi 2 février, le sujet stratégique et en plein questionnement des certifications professionnelles a réuni le président de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP), Georges Asseraf, Sylvain Humeau, DRH du groupe Engie et président du Groupement des acteurs et responsables de la formation (Garf), Bernard Monteil de la Fédération de la formation professionnelle et Francis Petel représentant de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et membre de la CNCP.


Dans les entreprises, les certifications représentent un signal social fort et un levier important d’engagement et d’accès des salariés à la formation. « En France, le diplôme est prégnant. Dans mon entreprise, nous mettons en place plusieurs certifications qui restent une reconnaissance très appréciée des salariés et une valorisation de leur parcours. Ils manifestent une réelle motivation à suivre une formation certifiante », confirme Sylvain Humeau. La certification fait donc partie des outils clés dans une politique de formation et un facteur d’employabilité. Or, la réforme en cours de négociation engage les partenaires sociaux à réfléchir aux évolutions à apporter à notre système de certification parfois jugé trop complexe dans ces process d’enregistrement et pas suffisamment lisible et adapté aux nouveaux besoins des entreprises.

Un paysage mouvant

« Le mot certification n’est pas réservé. On ne parvient pas à stabiliser une définition juridique. Or, on voit se développer de plus en plus de formations qui se disent certifiantes. Attention, la certification doit avoir un sens. Difficile, par exemple, d’appeler certifiante une formation de deux jours. Nous avons travaillé pour améliorer notre système d’information et de communication sur nos deux catégories de référencement, le Répertoire dédié à un ensemble d’activités propres à un métier et l’Inventaire davantage lié à des compétences complémentaires », déclare George Asseraf. Le président de la CNCP [1] rappelle que près de 80 % des 1 200 certifications qui ne sont pas de droit référencées dans l’Inventaire passent par l’examen et l’autorisation des Commissions paritaires nationales de l’emploi (CPNE) des branches et correspondent bien, à ce titre, aux besoins du marché.

De nouvelles certifications dans les entreprises

Dans une économie en transformation profonde et rapide, les entreprises ont besoin de créer de nouvelles certifications ou d’adapter les certifications existantes. Or, les process qui exigent trois promotions pour valider leur enregistrement dans les référentiels de la CNCP ne répondent pas à ces enjeux de réactivité et d’agilité. Au sein d’Engie, Sylvain Humeau développe ainsi plusieurs types de certifications, titres professionnels, des Certificats de qualification professionnelle (CQP) ou encore des certificats de la FFP qui peuvent ainsi répondre à des besoins différents de l’entreprise et de la montée en compétences des salariés.

Aujourd’hui ,il s’agit d’accompagner la transformation digitale d’Engie portée au plus haut niveau du management. « Nous avons donc cherché à construire une formation certifiante en lien avec la posture managériale. Nous avons ainsi travaillé avec des grandes écoles et nous avons choisi de nouer un partenariat avec Polytechnique. La première session de ce nouveau cycle de formation est en cours et nous avons l’objectif de l’inscrire à l’Inventaire », précise Sylvain Humeau.

Transformation de la certification

Sur le terrain des expérimentations se développent cherchant à sécuriser la notion de certification tout en la rendant plus agile. Les plus petites entreprises ont des enjeux spécifiques sur lesquels les branches et les interbranches sont très attendues. « La préoccupation des TPE est plus transversale car la mobilité de leurs salariés se joue, la plupart du temps, d’une entreprise à une autre. La certification doit donc être reconnue par tous et dans des secteurs différents. Elles ont par ailleurs besoin de souplesse dans les programmes de formation et de compter davantage sur des constructions inter-entreprises  » , souligne Francis Petel. Le rôle des branches, là aussi, devrait se renforcer.

«  Elles doivent se professionnaliser sur ces questions de certifications et d’évaluation des certifications  », ajoute George Asseraf. Autre sujet d’actualité traité dans les négociations en cours sur la réforme, la démarche qualité. « Nous avons commencé en 2005 à développer des projets de formations sur des formats plus courts autour, par exemple, de l’activité de Chef de projet. Demain, avec l’accélération du des nouveaux métiers du numérique, cette tendance va se confirmer. Nous travaillons beaucoup sur les process de qualité », confirme Bernard Monteil qui précise que 75 % des organismes de formations de la FFP délivrent des formations certifiantes.
Demain, les missions et le fonctionnement de la CNCP pourraient évoluer. La réforme place, en effet, les certifications au cœur du parcours de formation.


Centre Inffo, Catherine Trocquemé

Notes

[1Commission nationale de la certification professionnelle