Une deuxième session de négociation de la réforme de la formation professionnelle dans le consensus




Réunis pour la deuxième séance de négociation de la formation professionnelle au siège du Medef, vendredi 8 décembre, autour des deux thématiques (gestion des parcours professionnels et certification ; évaluation et qualité), les partenaires sociaux ont pris des positions de principe. Trois sujets ont concentré les discussions : les alternatives aux listes des certifications éligibles au CPF, la gestion des besoins en compétences par les branches et les modalités de l’évaluation de la qualité des formations.


Pour ce deuxième rendez-vous du calendrier des négociations, les partenaires sociaux ont ouvert un dialogue qu’ils ont jugé constructif et ouvert. Des convergences ont émergé au sein des organisations syndicales sur la nécessité de repenser l’approche de la gestion prévisionnelle des compétences (GPEC) en renforçant le rôle des branches, de trouver de nouvelles solutions de régulation des formations éligibles au CPF et à l’évaluation de la qualité.

Réguler les formations éligibles au CPF

La disparition des listes des formations éligibles au CPF inscrite dans le document d’orientation remis par le gouvernement aux partenaires a été discutée. La CGT propose de s’appuyer sur la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP). « Utiliser le répertoire [1] pour les formations longues accessibles aux salariés et l’Inventaire [2] pour les formations courtes accessibles aux demandeurs d’emploi », précise Catherine Perret. Affirmant le besoin de régulation des formations du CPF, FO a évoqué des pistes. « Les formations co-construites dans les entreprises ou au niveau des branches pourraient être éligibles de droit », selon Michel Beaugas.

Renforcer la gestion des compétences

Autre sujet consensuel, la nécessité d’améliorer et d’articuler la GPEC et de l’ancrer dans les territoires. « Nous disposons de nombreux outils d’identification des besoins en compétences. Mais nous avons une réflexion à mener sur le fonctionnement des observatoires de branches avec un sujet fort autour de la coordination et de l’articulation entre le niveau national et le niveau territorial. C’est de la responsabilité des partenaires sociaux de le faire évoluer en travaillant avec les autres acteurs  », affirme Thierry Cadart de la CFDT. Les partenaires sociaux sont prêts à se saisir de la question. « Nous avons posé les choses pour admettre que les situations entre les branches étaient inégales et que nous pouvions trouver des solutions pour notamment déployer les informations dans les territoires », confirme Eric Freyburger de la CFE-CGC.

Comment évaluer la qualité ?

L’idée de créer une agence indépendante chargée d’évaluer la qualité des prestations de formation émise par le Medef n’a pas convaincu les organisations syndicales. « Il faut que cela reste dans les mains de partenaires sociaux et de l’État »", réaffirme Catherine Perret pour la CGT. Pour FO, la qualité passe par la création d’une plateforme numérique la « Plateforme-information-accompagnement-formation » (Piaf) qui recenserait toutes les données utiles aux actifs et aux entreprises sur les emplois disponibles dans la branche et sur le territoire, l’offre de formation, sa valeur ajoutée en terme de taux d’accès à l’emploi et de qualification et son prix. Même approche systémique du côté de la CFDT « il s’agit de se donner une culture de l’évaluation dans la définition et conception d’une formation en y intégrant des grilles d’évaluation », explique Thierry Cadart.

Les partenaires sociaux devraient revenir à nouveau sur ces deux thématiques vendredi 15 décembre après avoir abordé l’alternance lors de la matinée de mardi 12 décembre.


Centre Inffo, Catherine Trocquemé

Notes

[1Répertoire national des certifications professionnelles, RNCP

[2L’Inventaire a été créé par la loi de 2009. Il recense les certifications et habilitations correspondant à des compétences transversales exercées en situation professionnelle