Vers une intégration de l’action de formation en situation de travail à la réforme de la formation professionnelle




Le rapport final sur l’Afest (Action de formation en situation de travail) qui fait suite à une expérimentation démarrée en 2016 n’est pas encore bouclé mais une note vient d’être remise à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, afin de lui présenter l’intérêt de cette nouvelle modalité pédagogique.


Il ne fallait pas manquer le coche. Le projet de réforme de la formation professionnelle se précise et il est important qu’il intègre le résultat de deux années d’expérimentation de la Fest (Formation en situation de travail) - rebaptisée Afest (Action de formation en situation de travail) – réalisée grâce à l’action concertée de la DGEFP [1], du Copanef [2], de l’Anact [3] et de onze Opca. « L’action de formation est marquée par un modèle « séparatiste ». Il est important d’éclairer la ministre et le législateur sur cette nouvelle modalité pédagogique afin qu’elle trouve sa place dans la future loi de réforme de la formation professionnelle », indique l’auteur de la note, Philippe Debruyne, président du Copanef.

Formalisation

Cette note explique, avant toute chose, que l’action de formation en situation de travail est nécessairement formalisée et ne doit pas être confondue avec une formation « sur le tas ». « Il faut bien distinguer une Afest des apprentissages qui surviennent incidemment dans le cadre du travail  », précise Philippe Debruyne. « Elle suppose la mise en place délibérée de deux séquences : une mise en situation permettant au salarié de faire l’expérience du travail mais avec un objectif de formation (…) ; une phase de mise à distance du travail – dite phase réflexive – permettant au salarié de renforcer ses apprentissages, en confrontant, avec l’aide d’un tiers, son activité effective aux attendus de l’activité », explique la note.

L’Afest exige donc que des objectifs aient été très précisément assignés à la formation, que les situations de travail apprenantes soient identifiées, que les apprentissages soient structurés. «  Les expérimentations font émerger un acteur central, le formateur interne, qui n’est ni un tuteur classique, ni un formateur en salle », ajoute la note. Ce dernier doit donc être accompagné « pour soutenir la réflexivité et pour respecter les conditions formelles d’une action de formation ».

Cadre réglementaire

Du point de vue législatif, Philippe Debruyne est plutôt optimiste. « L’Afest s’intègre bien dans la redéfinition de l’action de formation », précise-t-il. Néanmoins, il conviendrait « d’adapter le corpus légal et réglementaire à la fois pour assurer la sécurité juridique de ces actions de formation en situation de travail et pour en préciser les conditions de mise en œuvre », précise la note. Des arbitrages réglementaires seront donc nécessaires pour que l’Afest se développe dans les entreprises. Mais il faudra aussi « que les représentations en matière de formation professionnelle évoluent », conclut Philippe Debruyne.


Mireille Broussous, Centre Inffo

Notes

[1Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle.

[2Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation professionnelle.

[3Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail.